Prêts

L’art à crédit

Le Journal des Arts

Le 7 janvier 2005

L’Arts Council d’Angleterre propose aux particuliers des taux avantageux pour acheter de l’art.

LONDRES - L’Arts Council d’Angleterre, l’équivalent de la délégation aux Arts plastiques en France, a récemment lancé « Own Art », un plan d’emprunt exonéré d’intérêts pour les acheteurs britanniques d’œuvres d’art. Il s’agit d’encourager les gens, spécialement ceux qui vivent hors de Londres, à acquérir peintures, sculptures, photographies, arts décoratifs contemporains. Selon les termes du contrat, les acquéreurs peuvent emprunter jusqu’à 2 000 livres sterling (2 900 euros), remboursables en dix mensualités sans intérêts. Parmi les deux cent cinquante galeries associées à cette initiative, huit sont londoniennes, les autres étant réparties sur l’ensemble du pays. Si les galeries de Londres proposent fréquemment de telles facilités de paiement, celles-ci sont rarement offertes ailleurs. L’Arts Council, organisme public œuvrant pour le soutien des arts britanniques, a conçu « Own Art » en s’inspirant de divers plans déjà effectifs dans le pays. « Le succès a été énorme », assure Lynne Strover, qui présente surtout de la peinture figurative dans la galerie qu’elle dirige dans le Cambridgeshire. « Tout le monde est ravi, j’ai vendu plus de cent tableaux par ce moyen, qui permet aux clients d’acquérir des œuvres plus coûteuses. J’en ai certains qui ont une sorte de fonds de roulement. Lorsqu’ils ont fini d’en régler une, ils viennent me demander s’ils peuvent en acheter une autre ! »
Le principal utilisateur de ce plan est le directeur de la Biscuit Factory de Newcastle, Andy Balman, avec une moyenne de quatre ventes par semaine depuis deux ans : « Nombre de nos clients intègrent désormais les mensualités à leur budget et collectionnent par ce moyen. » Cet enthousiasme est partagé par Eric Winnert, assistant à la Cupola Gallery à Sheffield : « C’est l’une de nos premières procédures de vente, elle a de réels avantages et elle est simple. Ces huit derniers mois, nous avons vendu plus de trente œuvres grâce à “Own Art”, surtout des tableaux. »
« Le marché de l’art est sous-développé à l’extérieur de Londres, et nous savons qu’il y a d’énormes perspectives de croissance. Beaucoup d’autres gens vont être en mesure d’apprécier avoir chez eux des œuvres d’art contemporain authentiques et de qualité », a déclaré le président de l’Arts Council d’Angleterre, Sir Christopher Frayling, à l’occasion du lancement d’« Own Art », ajoutant : « Nous voulons que les arts soient au cœur de la vie de ce pays et je crois qu’“Own Art” peut apporter un réel changement dans nos rapports avec les arts visuels contemporains. »

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°206 du 7 janvier 2005, avec le titre suivant : L’art à crédit

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