Les ventes aux enchères dans le monde, résultats et commentaires

L’Art contemporain fait recette

Christie’s a vendu 90 % des tableaux

Le Journal des Arts

Le 3 juin 2010

Bonne vente chez Christie’s Londres où 90 % des tableaux de peintres contemporains trouvent des acquéreurs.

Londres - La décision de Christie’s, prise à la demande d’Hugues Joffre, nouveau directeur du département d’art contemporain, de s’en tenir à la division traditionnelle par genre, a payé, le 26 mai dernier, lors d’une vente aux enchères d’œuvres "de second plan" de peintres européens contemporains, qui annonçait la grande vente du 30 juin prochain.

La vente a totalisé 1,74 million de livres (16 millions de francs environ) ; 90 % des toiles ont été dispersées en valeur, et 77 % des lots. Elle réunissait un ensemble de cent soixante-huit lots, avec des peintres célèbres : Appel, Soulages, Poliakoff et Dubuffet. La plus haute estimation allait à un Fontana, lot 44, 50 000-60 000 livres (450 000-540 000 francs), qui a été adjugé 45 000 livres (soit 405 000 francs environ). La plupart des tableaux ont été achetés par téléphone par des acheteurs européens – l’un d’eux a acquis plus de dix lots.

Les illustrations pleine page du catalogue en couleurs, pour des œuvres auxquelles on n’accorderait d’ordinaire qu’un quart de page en noir et blanc, ont joué un rôle, et le lot mis en couverture, un dessin à l’encre de Dubuffet, Corps de dame, daté de 1950, est parti pour 35 000 livres, soit 315 000 francs environ.

D’autres œuvres ont également atteint des prix élevés : Femme et oiseau d’Appel, datée de 1958, pour une estimation de 35 000-45 000 livres a été vendue 48 000 livres, soit 432 000 francs environ. 22-4-72, de Pierre Soulages, estimée à 15 000-20 000 livres, a été vendue 41 000 livres soit 369 000 francs environ. Poliakoff, Composition - Bleu Blanc Rouge, 1952, estimée à 20 000-30 000 livres a été adjugé pour 36 000 livres soit 324 000 francs. "Ce n’est pas une démarche intelligente que de vendre ensemble un trop grand nombre d’œuvres du même genre", a commenté M. Joffre. Il a souligné, en outre, "qu’une œuvre de 20 000 livres (180 000 francs environ) représente, pour l’acheteur comme pour le vendeur, une somme importante."

Interrogé sur l’intérêt qu’il verrait à inclure dans de telles ventes les œuvres d’artistes plus jeunes, moins bien établis, il s’est montré catégorique : "Nous ne sommes pas des marchands. Ce n’est pas dans ce domaine que nous réussissons le mieux." Il faisait ainsi allusion aux résultats décourageants des ventes récentes de New York. Il entend maintenir la frontière établie entre les artistes britanniques contemporains et les artistes européens, même si cela implique qu’il renonce à présenter certains d’entre eux. "Faut-il considérer Allen Jones comme un Britannique ou comme un artiste international ?" demande-t-il, avec un peu de regret. Étant donné le montant de la vente d’art anglais d’après-guerre et contemporain, qui avait eu lieu la veille pour un total de 685 000 livres, soit environ 6 millions de francs, ses regrets semblent infondés.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°5 du 1 juillet 1994, avec le titre suivant : L’Art contemporain fait recette

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