Vendredi 23 février 2018

Les ventes aux enchères dans le monde, résultats et commentaires

L’argent des rois

New York

Le Journal des Arts

Le 19 avril 2010

Avec des prix toujours élevés pour l’argenterie de qualité allemande et belge, et le renouveau de certains secteurs du marché anglais, les ventes d’argenterie réalisées à New York, en octobre, ont montré la force et la stabilité retrouvées d’un marché récemment fragile.

NEW YORK - Des deux ventes, celle de Christie’s, le 18 octobre, a été la meilleure, avec neuf lots d’argenterie royale de Saxe. L’objet le plus rare était un plateau argenté d’Augsbourg de 95 cm de longueur de 1717-1718 (lot 42), sans doute le premier exemplaire connu de cette forme. Estimé de 100 000 à 150 000 dollars, il a été adjugé 130 000 dollars (715 000 francs) sur enchère téléphonique à un collectionneur privé. Formes plus familières, une cruche et son bassin de Berlin (lot 44), estimés entre 50 000 et 80 000 dollars, sont partis à 230 000 dollars (1,2 million de francs) grâce aux efforts conjugués de S. J. Phillips et de la galerie Neuse, qui dominent le marché de l’argenterie européenne.

La vaisselle rococo réalisée pour Auguste II a bien montré la résistance du marché allemand. Les six chandeliers de Christian Heinrich Ingermann (lot 47), d’une série originale d’au moins cinquante-six pièces, ont été vendus 150 000 dollars (825 000 francs). Un ensemble de douze chandeliers néoclassiques réalisé pour Auguste III (lot 48), estimé entre 100 000 et 150 000 dollars, a été acquis par un musée allemand pour 95 000 dollars (522 500 francs).

Les prix atteints par l’argenterie belge ont été extraordinaires. Ainsi, une cafetière ornée de Gilles Berryer l’Ancien (lot 117), a été vendue 190 000 dollars (1 million de francs) à un collectionneur belge, contre une estimation initiale de 30 000 à 40 000 dollars.

Le marché de l’argenterie anglaise a subi un changement notable en retrouvant les prix atteints à la fin des années quatre-vingt. Une soupière Ormonde et son plateau (lot 331), estimés de 70 000 à 100 000 dollars, ont été vendus 150 000 dollars (825 000 francs).

La plus haute enchère des deux ventes a été pour un lot d’orfèvrerie américaine, chez Sotheby’s, le 19 octobre. Le service du juge Elbert Gary, comportant plus de cinq cents pièces et pesant plus de 113,5 kilogrammes, a été vendu 1,8 million de dollars (10 millions de francs) à un acheteur américain.

La vente offrait aussi un bel ensemble d’argenterie allemande, avec des pièces adjugées à d’excellents prix. Une coupe dorée de style gothique de Nuremberg, par Peter Wiber (vers 1610), d’une grande qualité (lot 170), estimée entre 15 000 et 25 000 dollars, s’est vendue 66 000 dollars (363 000 francs) sur enchère téléphonique, après une compétition serrée entre S. J. Phillips et les frères Kugel. Par contre, un service à thé de Charles Frederick Hancock – réalisé pour l’exposition du Crystal Palace à Londres, en 1851, dans un mélange de styles Renaissance et Rococo – n’a atteint que 17 000 dollars (93 500 francs), alors que c’était un objet digne d’un musée.

1. Coupe dorée de style gothique, signée Peter Wiber, Nuremberg, vers 1610, Sotheby’s New York, 19 octobre, Est. $ 15 000-25 000, vendue $ 66 000 (363 000 francs)

2. Cruche et son bassin, plaqué argent, ayant appartenu à Auguste II de Saxe, signée Otto Männlich, Berlin, vers 1710, Christie’s New York, 18 octobre, Est. $ 50 000-80 000, vendus $ 230 000 (1,2 million de francs)

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°9 du 1 décembre 1994, avec le titre suivant : L’argent des rois

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