Lagerfeld cède sa collection XVIIIe

Le Journal des Arts

Le 21 janvier 2000

Le célèbre styliste Karl Lagerfeld, peut-être las de tant de fastes, a décidé de disperser sa fameuse collection d’œuvres du XVIIIe siècle. Christie’s procédera à cette vente les 28 et 29 avril à Monaco pour le mobilier, et le 24 mai à New York pour les tableaux anciens. Le produit attendu est estimé à 200 millions de francs.

PARIS - Depuis plus de vingt ans, Karl Lagerfeld a collectionné le mobilier et les tableaux du XVIIIe siècle, qu’il avait installés dans ses nombreuses demeures. La dispersion de ce fabuleux ensemble par Christie’s se divisera en deux actes. Le premier se jouera à Monaco, les 28 et 29 avril, avec notamment un remarquable ensemble de sièges : un fauteuil Louis XV attribué à Boucault (est. 1-1,5 million de francs), une suite de quatre fauteuils d’époque Transition, estampillés Jacques-Jean-Baptiste Tilliard (est. 1-1,5 million de francs), ainsi qu’un fauteuil de bureau canné d’époque Louis XV attribué à Foliot. Les grands ébénistes sont évidemment représentés dans cette collection : Oeben avec deux meubles, dont une table mécanique de même époque en placage d’acajou (1,5-2,5 millions), Riesener avec une armoire d’époque Louis XVI en acajou (2-3 millions), et Carlin avec un guéridon Louis XVI, orné d’une plaque en porcelaine de Sèvres (est. 2-3 millions). Parmi les objets d’art, les enchères les plus importantes sont attendues pour une paire d’appliques Louis XVI de Philippe Caffiéri ayant appartenu au marquis de Marigny, frère de la Pompadour (2-3 millions), et une garniture de cheminée composée de trois vases en porcelaine de Chine à monture de bronze ciselé et doré (6-10 millions). Outre quatre pièces de la tenture représentant l’Histoire d’Esther (est. 5-8 millions), le couturier possédait un grand tapis de la Savonnerie qui aurait été exécuté pour le Salon de la Paix à Versailles, ce qui justifie certainement l’estimation de 6 à 9 millions.

Un mois plus tard, le 24 mai, les tableaux seront vendus à New York. Les deux toiles de Fragonard, Le Repos pendant la fuite en Égypte (250-350 000 dollars, soit 1,6-2,2 millions de francs) et La Visitation (150-250 000 dollars, soit 945 000-1,6 million de francs), devraient susciter l’intérêt des enchérisseurs. Dans le domaine de la peinture d’histoire, il comptait également des œuvres de Charles-Antoine Coypel, Les Adieux d’Hector à Andromaque (140-160 000 dollars), de François Boucher, L’Entrée du Christ à Jérusalem et le Christ et la Cananéenne (250-300 000 dollars) et Le Couronnement de l’innocence (250-350 000). S’y ajoutent de nombreux paysages de Robert, Demachy, Châtelet, et des portraits par Louis-Michel van Loo, Tocqué, Aved, Perronneau…
Une partie de cette collection sera présentée au nouveau siège de Christie’s, 9 avenue Matignon, du 11 au 19 mars, lors de son inauguration.

Nous reviendrons sur cette vente dans un prochain numéro.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°97 du 21 janvier 2000, avec le titre suivant : Lagerfeld cède sa collection XVIIIe

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