L’actualité des galeries

À Paris, en régions et dans le monde, les expositions à voir dans les galeries et chez les antiquaires

Par Vincent Delaury · L'ŒIL

Le 27 mai 2016

30 ans
Galerie Berthet-Aittouarès – Paris-6e

Pour fêter les trente ans de leur galerie, « les filles » Michèle et Odile Aittouarès, ainsi que les appelait affectueusement l’acteur Philippe Noiret quand il passait les voir, exposent trente pièces et trente créateurs variant les moyens d’expression : dessin, peinture, sculpture, photographie, vidéo. « Ce qui nous importe avant tout, note Odile, c’est l’authenticité de l’artiste, l’efficacité de son expression, quels que soient les moyens utilisés. Chacun trouve les médiums avec lesquels il est en harmonie. » Ici, des figures historiques (André Marfaing, Hans Hartung, Jean Degottex, Pierre Tal-Coat) côtoient des plasticiens vivants comme Pierre Buraglio, Antoine Schneck, Jean-Pierre Schneider, Claude Viallat et Étienne Viard. Les prix des œuvres vont de 1 500 à 130 000 euros.

Dado
Galerie Jeanne Bucher Jaeger – Paris-6e jusqu’au 18 juin 2016
La Galerie Jeanne Bucher Jaeger présente, sur 150 m², une vingtaine d’œuvres à l’univers organique tourmenté (peintures, collages, dessins, estampes) des années 1970, donc historiques, de Miodrag Djuric, dit Dado (1933-2010) ; les prix des pièces se situent entre 1 500 et 200 000 euros. Fidèle de la galerie, ce plasticien, qui y a été présenté à quatre reprises entre 1971 et 1975, se voit ici exposé pour la cinquième fois : cette manifestation a été conçue en écho à la publication à la mi-juin du recueil d’entretiens de l’artiste monténégrin, Peindre debout, aux éditions de l’Atelier contemporain (François-Marie Deyrolle éditeur).

Pétra Werlé
Galerie  Béatrice Soulié – Paris-6e jusqu’au 2 juillet 2016
Née à Strasbourg en 1956, Pétra Werlé, plasticienne hors norme, réalise depuis ses 20 ans des personnages facétieux en mie de pain. Pour sa neuvième expo personnelle chez Béatrice Soulié, cette artiste, à la démarche singulière, dévoile sa nouvelle série, Mirages et miroirs. Une soixantaine de sculptures en mie de pain, avec quelques rajouts de pâte à pain crue pour les oripeaux, montre des clowns grimaçants et des tordus virevoltants qui semblent citer aussi bien le théâtre shakespearien que L’Homme qui rit de Victor Hugo. Les prix s’échelonnent de 1 500 à 3 500 euros.


David Nash
Pour sa quatrième exposition monographique chez Lelong, David Nash, sculpteur et dessinateur britannique qui se laisse guider par l’appel du bois, de la souche à la branche via le tronc, présente sur les deux niveaux de la galerie des pastels, pochoirs et fusains voisinant avec des sculptures en bois de différentes tailles ainsi qu’avec un grand bronze fait à partir d’un bois brûlé. Cet ensemble remarquable, dont les prix des pièces se situent entre 800 et 120 000 euros, révèle des formes brutes et simples (colonnes, pics, montagnes, torses…) qui fuient les prouesses techniques pour célébrer la beauté au naturel, sans ornement. 


Jean-Charles Blais
Galerie Catherine Issert – Saint-Paul (06) jusqu’au 2 juillet 2016
Des œuvres aux sujets à peine esquissés où ne subsistent que des fragments, des corps vus de dos ou des visages en ombre noire : pour sa huitième exposition personnelle chez Catherine Issert, Jean-Charles Blais, né en 1956 à Nantes, montre une vingtaine de pièces récentes et inédites, peintures sur affiches arrachées et gouaches sur papier, où l’on retrouve son goût pour un art qui, hésitant entre figuration et défiguration, questionne le corps et sa représentation, la fragmentation ainsi que le renversement. Ces feuilles et tableaux « marqués par l’incomplétude de la figure », tout à fait caractéristiques du processus pictural aventureux de ce plasticien apparu sur la scène artistique au début des années 1980, sont proposés à des prix allant de 3 000 à 25 000 euros.

Prouvé – Takis
Patinoire royale – Bruxelles (Belgique) jusqu’au 23 juillet 2016
En collaboration avec François Laffanour et la galerie parisienne Downtown, la Patinoire Royale établit, par le biais d’une rétrospective se déployant sur trois niveaux et sur plus de 2 000 m², un dialogue savoureux entre deux créateurs auto-didactes majeurs : Jean Prouvé (1901-1984), architecte et designer français, et Takis, sculpteur grec né en 1925, adepte des champs magnétiques et des métaux conducteurs. Pour l’occasion, Valérie Bach et Constantin Chariot proposent la reconstruction in situ d’un pavillon à structure autoportante de Prouvé conçu vers 1957 pour l’Institution Fénelon à Clermont-Ferrand, mis en contexte paysager avec un plan d’eau accueillant des Signaux de Takis. La fourchette de prix se situe entre 10 000 et 2 500 000 euros pour la maison de Prouvé.


Tursic & Mille
Galerie Almine Rech – Paris-3e jusqu’au 30 juillet 2016
Pour leur troisième solo show chez Almine Rech, le tandem pétaradant Ida Tursic & Wilfried Mille expose, sur 450 m², sept peintures de grands formats (portraits, paysages) et un groupe d’une vingtaine de plus petits formats, essentiellement des portraits. Dans ces toiles trash inédites tissées à quatre mains, où se multiplient ratés et imperfections, on y croise, pêle-mêle, Burroughs, Courbet, Iggy Pop et Godard. Puisant frénétiquement leurs images sur Google, les deux plasticiens, pour qui « la peinture est mignonne et dégueulasse ! », interrogent le statut de l’image peinte et des icônes ainsi que la dégradation des visuels reproduits et le rapport contemporain aux images. 


Bernhard Rüdiger
Galerie Bernard Bouche – Paris-3e jusqu’au 9 juillet 2016
Exposant pour la deuxième fois chez Bernard Bouche, l’artiste nourri d’une double culture allemande et italienne Bernhard Rüdiger, né à Rome en 1964, donne à voir deux sculptures et une série de douze maquettes sous-verre, qui, en oscillant entre sculpture, installation, mise en scène et architecture, conduisent le visiteur à éprouver le dispositif : « Ce qui est central dans mon travail, précise le plasticien adepte des projets expérimentaux collectifs, est justement que le vécu du spectateur, mental, physique, psychologique, se retrouve dans un même espace avec un objet qui est une présence physique, qui n’ouvre pas à un autre espace, mais qui interagit. » Les prix vont de 1 500 à 25 000 euros.

Jérôme Bryon
Galerie La Forest Divonne – Paris-6e jusqu’au 25 juin 2016
Avec son deuxième solo show à la Galerie La Forest Divonne, Jérôme Bryon, né en 1974 à Montpellier, poursuit son travail combinant regard documentaire et photographie d’art. Dévoilant une trentaine de clichés qui appartiennent à trois séries allant des années 2000 à 2016 (Grand Sud, Portrait de ma mère et 98 %), présentant notamment un centre commercial et de banales maisons de plage, l’artiste joue les grands écarts entre figuration et abstraction, vide et plein, horizontalité et verticalité, afin de redonner une beauté à un environnement dit sans charme. Les prix des tirages, au nombre de six par photographie, oscillent entre 750 et 6 000 euros.


Jean-Paul Riopelle
Galerie Maeght – Paris-7e jusqu’au 30 juin 2016
« Grâce à Adrien Maeght et à ses ateliers, j’ai pu expérimenter des techniques – gravure, lithographie et plus tard céramique et lave émaillée – auxquelles j’avais été fermé jusqu’alors. » Le Canadien Jean-Paul Riopelle (1923-2002), dont l’œuvre évoluant entre figuration et abstraction est fortement marquée par la symbolique animale, est mis à l’honneur chez Maeght. Une vingtaine de productions variées (dessins, collages, pastels, gouaches sur papier, fusains et gravures), réalisées entre 1965 et 1978, témoignent de l’amplitude plastique d’un artiste qui, tout au long de sa vie, a su renouveler sa pratique. Les prix démarrent à partir de 25 000 euros.

Jean-Pierre Pincemin
Galerie Art Espace 83 – La Rochelle (17) jusqu’au 24 juin 2016
Il y a trente ans, à La Rochelle, Jean-Pierre Pincemin (1944-2005), associé un temps à Supports-Surfaces, réalisait à la tour de la Lanterne une œuvre in situ. Pour fêter cet anniversaire, le Centre des monuments nationaux réunit dans ce lieu patrimonial quelques œuvres exceptionnelles, issues de collections publiques, de cet artiste dont la grande affaire a toujours été la peinture. De son côté, la Galerie Art Espace 83 dévoile une quarantaine de pièces (huiles sur toile, gravures, table) fort révélatrices de sa démarche multiforme. Les prix vont de 400 à 18 000 euros.

« Anniversaire, 30 ans passionnément »
Galerie Berthet-Aittouarès, 14, rue de Seine, Paris-6e
www.galerie-ba.com

« Dado. Mémoire épidermique »
Galerie Jeanne Bucher Jaeger, 53, rue de Seine, Paris-6e
www.jeannebucherjaeger.com

« Mirages et miroirs, Sculptures en mie de pain »
Galerie Béatrice Soulié, 21, rue Guénégaud, Paris-6e
www.galeriebeatricesoulie.com

« David Nash. Columns, Peaks and Torso »
Galerie Lelong : 13, rue de Téhéran, Paris-8e
www.galerie-lelong.com

« Jean-Charles Blais », Galerie Catherine Issert
2, route des Serres, Saint-Paul (06)
www.galerie-issert.com

« Prouvé – Takis, deux génies d’utopie »
La Patinoire royale, 15, rue Veydt, Bruxelles (Belgique)
www.lapatinoireroyale.com

« Ida Tursic & Wilfried Mille »
Galerie Almine Rech
64, rue de Turenne, Paris-3e
www.lapatinoireroyale.com

« Bernhard Rüdiger » Galerie Bernard Bouche
123, rue Vieille-du-Temple, Paris-3e
www.galeriebernardbouche.com

« Jérôme Bryon. Grand Sud »
Galerie La Forest Divonne, 12, rue des Beaux-Arts, Paris-6e
www.galerielaforestdivonne.com

« Jean-Paul Riopelle. Œuvres sur papier »
Galerie Maeght, 42, rue du Bac, Paris-7e
www.maeght.com

« Jean-Pierre Pincemin »
Galerie Art Espace 83 – Brigitte Ruffin
83, avenue du 11 Novembre, La Rochelle (17)
www.art-espace83.com

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°691 du 1 juin 2016, avec le titre suivant : L’actualité des galeries

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