Vendredi 19 octobre 2018

La vente de la collection Loeb

Christie’s disperse un ensemble exceptionnel

Le Journal des Arts

Le 2 mai 1997 - 433 mots

La prestigieuse collection du financier John B. Loeb et de son épouse Frances sera mise en vente le 12 mai chez Christie’s à New York. Cet ensemble exceptionnel de tableaux impressionnistes et post-impressionnistes, estimé 80 millions de dollars, réunit des œuvres magnifiques de Cézanne, Manet, Toulouse-Lautrec et Seurat. Cette vente ravive la concurrence entre les maisons anglo-saxonnes et donne à Christie’s une position de force sur le marché de l’art.

NEW YORK (de notre correspondant). Alors que l’on commence à oublier l’effondrement des ventes aux enchères du début des années quatre-vingt-dix, les observateurs du marché de l’art – qui croyaient ne plus jamais voir de transactions aussi considérables que celles atteintes par des œuvres impressionnistes et modernes à la fin des années quatre-vingt – attendent avec impatience un évènement tout aussi important : la dispersion de la collection John et Frances B. Loeb, chez Christie’s à New York, le 12 mai prochain. Les Loeb, qui appartiennent à une grande famille de banquiers new-yorkais, ont constitué l’essentiel de leur collection au cours des années cinquante et au début des années soixante, principalement chez Knoedler. Ils l’ont rarement montrée, en dehors des prêts consentis pour une série d’expositions au Metropolitan Museum. Plusieurs toiles devraient susciter l’enthousiasme dans la salle, notam­ment deux Cézanne, un Ma­net et un Toulouse-Lautrec. La collection Loeb comprend aussi, ce qui est plus inattendu, quelques œuvres fortes dues à des artistes moins prestigieux : dans une toile de la période fauve, Le Vase bleu, daté de 1906, Vlaminck surpasse Matisse par l’audace des coloris et la nervosité de la facture (estimation 1,5-2 millions de dollars), tandis que La Cheminée de Tissot est une toile d’une qualité exceptionnelle (est. 700 000-1 million de dollars). Il était prévisible que Sotheby’s n’apprécie guère tout ce battage. Sa seule consolation est que les liens étroits unissant Christie’s à la famille Loeb – l’épouse du vice-président de Christie’s USA est une cousine de John Loeb Jr. – lui laissaient fort peu de chances d’obtenir l’organisation de la vente. Ce qui n’a pas empêché la dynamique Diana Brooks, chez Sotheby’s, de faire une offre de dernière minute. Il semble toutefois que Christie’s l’ait emporté auprès de la famille Loeb grâce au travail de fond accompli par deux directeurs de département, Martha Baer et Christopher Burge, ce dernier ayant gagné ses galons dans le département Impressionniste de Londres. Par contre, chez Sotheby’s, le récent départ de David Nash et Lucy Mitchell-Innes, qui dirigeaient le département de Peinture impressionniste et moderne, a mis la maison en position délicate dans la concur­rence pour les ventes majeures de tableaux impressionnistes et modernes.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°37 du 2 mai 1997, avec le titre suivant : La vente de la collection Loeb

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