Ventes publiques

Bilan

La start-up des enchères

Par Éléonore Thery · Le Journal des Arts

Le 21 avril 2015 - 570 mots

Lancée il y a un an, FauveParis n’a pas révolutionné les ventes publiques, mais encouragée par ses résultats, fourmille de projets.

PARIS - Derrière une grande baie vitrée donnant sur une rue du 11e arrondissement parisien, une poignée de gens sirotent un café. Plus loin, d’autres observent la collection d’arts décoratifs et de design d’un galeriste d’origine turinoise, qui sera vendue aux enchères au même endroit la semaine suivante. Ce projet d’une maison de ventes qui soit un lieu de vie, c’est celui de FauveParis, lancé voilà un an par Lucie-Éléonore Riveron et Cédric Melado, une réponse plus ou moins avouée au déclin de Drouot. « Nous souhaitons rendre les enchères plus accessibles, y compris pour un public non initié, tout en développant une qualité de service se rapprochant de celle des Anglo-Saxons », indiquent les fondateurs. Parmi les services mis en place : un lieu en propre comprenant un café, des horaires d’ouverture élargis, des expositions s’étirant sur quinze jours, des ventes en soirée ou un catalogue proche d’un magazine de décoration.

Quel premier bilan dresser de cette initiative ? « C’est encourageant de les voir prendre ce risque, en se donnant les moyens, et avec des paramètres bien pensés. C’est une vraie opportunité de renouveler la profession », commente Bérangère Janik, jeune commissaire-priseur chez Expertissim. Côté résultats, la maison a clos l’année 2014 avec un total de 2,16 millions d’euros d’adjudications frais compris, après huit mois d’existence. « C’était l’objectif fixé » commente la fondatrice. Les résultats de ventes sont en dent de scie : les vacations consacrées aux jouets (209 000 euros et 92 % de taux de vente) et aux figurines de bande dessinée (67 000 euros et 75 % de taux de vente) ont bien fonctionné.

D’autres ont été un échec, ainsi de la vente de montres et bijoux, d’une autre consacrée à la maroquinerie, ou de celle consacrée à l’univers du rock (moins de 30 % de lots vendus pour chacune). « Les ventes de collections marchent bien, tout comme les ventes transversales pour lesquelles nous créons de véritables univers. Les spécialités uniques sans présentation de collections, c’est plus dur » observe Lucie-Éléonore Riveron.

Les spécialités qui fonctionnent le mieux concernent la Haute époque, l’art moderne et contemporain, les arts d’Asie et indo-portuguais. S’il faut noter le soin apporté pour thématiser et mettre en scène chaque vente, tous les lots ne valent pas forcément le détour. « Dans le domaine des arts d’Asie, ils présentent de beaux objets et d’autres moins bons. Ils drainent un peu large, mais c’est un phénomène général lié au boom des arts asiatiques, tout le monde essaie de mettre un maximum d’objets », indique un spécialiste. La répartition des recettes repose essentiellement sur les ventes publiques : les privatisations d’espaces ne représentent pas un montant significatif. Même constat pour les publicités dans les catalogues, qui a pourtant pu compter Chanel comme annonceur. Les ventes de gré à gré représenteraient 10 % du chiffre d’affaires total de la maison, un chiffre non négligeable pour une maison de cette taille. La diversification du public, elle, n’est pas encore frappante. « 5 à 10 % de nos acheteurs sont des primo acquéreurs », indique Cédric Melado. « Nous faire connaître prend plus de temps que prévu », concède Lucie-Éléonore Riveron. La jeune femme a encore un tas d’idées en tête, de la vente de tatouages, à la distribution des catalogues en kiosques…

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°434 du 24 avril 2015, avec le titre suivant : La start-up des enchères

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