Dimanche 21 octobre 2018

New York

La Société historique de New-York obligée de vendre

Les œuvres sont estimées à vingt millions de dollars

Le Journal des Arts

Le 1 novembre 1994 - 378 mots

Sotheby’s devrait organiser au début de l’année prochaine à Manhattan la vente d’objets et d’œuvres d’art appartenant à la Société historique de New York, en difficultés financières. Les œuvres sont estimées à environ 20 millions de dollars (environ 110 millions de francs).

NEW YORK - Cette vente aux enchères ne sera en rien banale, à cause des règles fixées par un arrêté du premier procureur de l’État de New-York. Ce n’est pas la première fois que l’État de New York intervient dans le destin de la Société historique, puisqu’il lui a accordé quelque 6 millions de dollars (32,5 millions de francs) d’aide d’urgence l’an passé, imité par la ville de New York qui a déboursé un montant équivalent.

La vente devrait permettre au procureur de résoudre un dilemme vieux de deux ans. Les dirigeants de la Société historique révélèrent à cette époque qu’une mauvaise gestion avait eu raison des ressources de la Société, et que cette dernière cherchait à se défaire d’une partie de ses collections.

Moins cher pour les musées
Plusieurs institutions new-yorkaises cherchèrent alors un moyen d’acquérir ces objets d’art à moindre prix, afin qu’ils ne quittent pas les collections municipales de la ville de New York. C’est la raison pour laquelle le procureur a mis au point un système permettant aux institutions new-yorkaises d’user d’un droit de veto pour s’opposer à la vente d’une œuvre d’art, ou de l’acquérir par droit de préemption, même après la vente aux enchères.

Un musée, ou une bibliothèque de la ville, pourront même acheter l’œuvre à un prix inférieur à celui obtenu lors de la vente. Ces rabais s’élèveront à 5 % pour les œuvres acquises atteignant un prix compris entre 25 000 et 100 000 dollars (135 000 et 550 000 francs), et 3 % pour celles dépassant 100 000 dollars. Les acheteurs participant à la vente seront prévenus de ces pratiques peu usuelles.

La Société historique devrait mettre en vente vingt toiles, la plupart françaises ou du XVIIe siècle hollandais, dont dix ont été prêtées par le passé au Metropolitan Museum of Art. Des meubles, de l’argenterie et des presse-papiers européens devraient également faire partie de la vente. Le produit de la vente permettra à la Société historique de maintenir ses locaux en bordure de Central Park.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°8 du 1 novembre 1994, avec le titre suivant : La Société historique de New-York obligée de vendre

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