Vendredi 23 février 2018

La reprise se confirme

De bons résultats pour les foires de juin à Londres

Le Journal des Arts

Le 4 décembre 2008

Le niveau d’affaires très satisfaisant réalisé par les cinq foires internationales d’antiquités qui se sont tenues à Londres le mois dernier témoigne de la bonne santé du marché de l’art. Meubles, sculptures, céramiques contemporaines et livres anciens se sont en général bien vendus.

LONDRES (de notre correspondante) - Les bons résultats enregistrés par les foires qui se sont déroulées à Londres au mois de juin, en hausse par rapport à 1997, confirment la reprise du marché de l’art. Les cinq manifestations ont accueilli des collectionneurs du monde entier, disposés à dépenser beaucoup d’argent et suffisamment confiants pour investir dans l’art et les antiquités, mais aussi de nombreux clients privés britanniques qui ont ainsi marqué leur grand retour.

Celle de Grosvenor House a commencé en beauté avec de très bonnes affaires, conclues en particulier par les marchands de mobilier anglais tels que Norman Adams, Witney Antiques, Hotspur et Apter-Fredericks. En revanche, la première semaine a été difficile pour les marchands d’art asiatique comme Grace Wu Bruce, spécialiste du mobilier Ming, qui déclarait que les débuts n’avaient pas été très fructueux. Patrick Perrin, seul marchand français présent, semblait satisfait des ventes réalisées et signalait avoir négocié notamment deux petites tables en marqueterie, deux paires d’appliques, un Bouddha en por­celaine de Chine et plusieurs tableaux. “Il s’agit d’une foire de qualité moyenne qui attire un nombre peu élevé de visiteurs, précise-t-il. Les clients viennent pour la plupart des États-Unis, mais il faut aussi compter avec des représentants du Commonwealth et quelques riches Orientaux installés à Londres.”

Les sculptures ont remporté un franc succès. William Agnew, qui a vécu la meilleure foire de sa carrière, avait vendu douze sculptures dès l’ouverture. Et Seago a cédé sa pièce vedette, une urne en pierre inspirée des vases antiques des collections Médicis et Borghèse.

L’Olympia Fair s’est également soldée par des résultats positifs pour les marchands de mobilier anglais, dont les plus belles pièces ont été les plus demandées. Les ventes ont été moins importantes pour les objets de moyenne gamme. Les marchands français étaient ravis de pouvoir rencontrer à Londres une clientèle qui ne se déplace pas à Paris, comme les Australiens ou les riches collectionneurs venus des pays du golfe Persique. Ils insistaient aussi sur le nouveau souffle qu’apportaient la tenue simultanée de plusieurs foires et la semaine asiatique organisée par Christie’s et Sotheby’s, qui attirent à Londres un grand nombre d’amateurs d’art. Gérard Monluc semblait, lui, moins enthousiaste : “Les affaires ont été moins bonnes. Les clients américains, qui dopent habituellement les ventes, n’étaient pas aussi présents que les années précédentes”. Avec 38 000 visiteurs, la foire a, en effet, connu une fréquentation en baisse par rapport à 1997.

Des céramiques contemporaines très convoitées
L’International Ceramics Fair s’est aussi achevée avec des affaires exceptionnelles pour plusieurs marchands, parmi lesquels Adrian Sassoon, spécialiste de la céramique contemporaine et de la porcelaine de Sèvres du XVIIIe siècle. Il estime que les céramiques contemporaines se vendent bien parce qu’elles sont montrées au public depuis plusieurs années. Les acheteurs potentiels reconnaissent enfin leur valeur et commencent à s’y intéresser. En revanche, les ventes de céramiques orientales n’ont pas atteint les résultats escomptés. Cette déception s’explique autant par l’absence des acheteurs japonais, qui ont boudé la manifestation, que par la tenue de l’Asian Art Fair à New York, en avril, qui a canalisé l’attention des collectionneurs. Didier Cramoisan, l’un des deux marchands français présents, avait pris des contacts qui devraient se révéler fructueux et ne cachait pas sa satisfaction : “C’est un très bon salon qui attire les spécialistes de la céramique, collectionneurs, conservateurs et marchands. Les clients sont en majorité européens et américains. Cette année, les Asiatiques étaient beaucoup moins nombreux en raison de la crise économique.” Néanmoins le caractère international de la foire demeure. Il s’est traduit par la présence d’exposants provenant de neuf pays.

L’Antiquarian Book Fair avait lieu cette année début juin, sur le même site que l’Olympia, augmentant ainsi de 53 % sa surface d’exposition. Le produit total des ventes est passé de 1,8 million de livres sterling (18 millions de francs) en 1997 à 3,5 millions de recettes cette année, et les acheteurs privés étaient beaucoup plus nombreux, 4 000 contre 1 500 l’an dernier.

Succès pour les tapis de moyenne gamme
La Hali International Antique Carpet and Textile Fair semble avoir fait des débuts honorables, bien que le total des ventes enregistrées et le taux de fréquentation n’aient pas été communiqués. Les marchands estiment que ce sont les articles de moyenne gamme qui se sont les mieux vendus. Clive Loveless se dit déçu de n’avoir pas rencontré davantage de grands collectionneurs américains. Il a néanmoins vendu sa pièce maîtresse, un tissu africain abstrait Mende kpokpo, à un prix avoisinant les 7 500 livres. La foire proposait également des tapis exceptionnels, mais les pièces les plus chères et les plus importantes ont rarement trouvé acquéreur. Le prix record de la foire est allé à un tapis Ingrains du XIXe siècle, qui s’est vendu autour de 30 000 livres.

Parmi les marchands français, Yves Mikaeloff s’est déclaré satisfait du déroulement de la manifestation : “C’est une très bonne chose qu’un salon entièrement consacré au textile ait été créé. La manifestation a connu une affluence importante, mais elle reste encore trop confidentielle. J’espère que cette foire prendra une envergure mondiale et que les grands marchands internationaux seront présents lors des prochaines éditions.” Myrna Myers manifestait elle aussi son contentement en insistant sur la qualité de l’organisation.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°64 du 8 juillet 1998, avec le titre suivant : La reprise se confirme

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