Dimanche 16 décembre 2018

La New York Fine Art Fair, une manifestation majeure

Le Journal des Arts

Le 2 mai 1997 - 651 mots

La quatrième édition de l’International Fine Art Fair de New York se tiendra du 9 au 14 mai au Seventh Regiment Armory. À ce jour, la foire a rencontré un tel succès qu’elle est désormais considérée comme une manifestation majeure, alliant variété et qualité des œuvres : peinture, sculpture et dessins, de la Renaissance aux années quarante.

NEW YORK - L’an dernier, 17 000 personnes ont visité la Fine Art Fair. Ce chiffre est sans commune mesure avec la fréquentation de Maastricht ou de la Biennale de Paris, mais il s’agit là d’une foire spécialisée dans les beaux-arts, dont les œuvres, très chères, attirent naturellement une frange plus étroite du public. Cette année, la foire est plus restreinte puisqu’elle comptera 63 galeries au lieu de 77, les organisateurs ayant décidé d’inclure un restaurant dans l’espace d’exposition, comme à l’Asian Art Fair où la formule a été une réussite. L’édition 1997 accueille deux nouveaux venus : Patrick Derom, de Bruxelles, seul spécialiste de l’art belge des XIXe et XXe siècles – en particulier les symbolistes et les surréalistes –, et la Beacon Hill Gallery, de New York, qui vend de la peinture américaine des XIXe et XXe siècles. La qualité de la peinture américaine présentée à la Fine Art Fair la distingue des autres grandes manifestations internationales. Hirshl & Adler exposent une aquarelle de Winslow Homer, The Fog Horn (La corne de brume), et Adelson Galleries, une œuvre de William Merritt Chase, Shinecocks Hills : Figure in a Landscape (Shine­cocks Hills : Silhouette dans un paysage), ainsi qu’un merveilleux portrait par John Singer Sargent de Sylvia Harrison, enveloppée dans un châle de cachemire. Les Américains ont toujours été de grands collectionneurs d’art impressionniste et post-impressionniste, et cette section, qui compte seize marchands français, est la plus importante de la foire. Parmi eux, Philippe Cazeau et Jacques de la Béraudière proposeront des œuvres de Renoir, Cail­lebotte, Degas, Dufy et Léger, ainsi que quelques Picasso des premières périodes. La galerie Hopkins Thomas vend deux études au crayon de Cézanne provenant de la collection de Sir Kenneth Clarke, et un paysage de Caillebotte, Champ au bord de la mer, Trouville, que l’on peut acquérir pour 1 million de dollars.

La galerie Bérès exposera Le Suquet de Vuillard, Sur la Plage d’Eva Gonzales, ainsi que des dessins de Matisse, Picasso et Modigliani. Une saisissante paire de portraits par Franz Hals sera le clou de la section des maîtres hollandais. Récemment prêtée au Museum of Fine Art de Boston, elle est proposée par Noortman, de Londres et Maastricht, à 7,5 millions de dollars. Rosenberg & Stiebel, surtout connus comme marchands d’art du XVIIIe siècle, montreront cette fois-ci d’importantes œuvres d’art italien, en particulier Le Martyre de saint Laurent par Giandomenico Tiepo­lo, ainsi qu’un grand tableau de Luca Giordano, L’Enlèvement des Sabines , en vente à 1 million de dollars environ. La peinture anglaise sera représentée par Spink Leger, qui expose entre autres un portrait de la famille Dehany par Gainsborough, l’un de ses derniers tableaux de grand format encore en mains privées ; son prix est de 1,5 million de livres. Proposé à 350 000 livres, un portrait par Hogarth de Mrs Elisabeth Hoadley, l’épouse du Dr Benjamin Hoadley, médecin et poète du Roi : la touche est vive et la soie de sa robe particulièrement bien rendue. "Il y a actuellement un vrai regain d’intérêt pour la peinture victorienne, estime Rupert Maas, de Londres. Les Américains réalisent enfin qu’il y a autre chose dans la peinture du XIXe qu’un effet de lumière sur une meule de foin, et la demande est extrêmement forte." D’ailleurs, la pièce maîtresse de Rupert Maas est un superbe tableau du pré-raphaélite Arthur Hugues, The pained Heart (Le cœur blessé), au prix de 950 000 livres. Il expose également une œuvre inhabituelle de Thomas Sydney Cooper, vendue 200 000 livres, représentant l’abattage des arbres pour le passage de la ligne ferroviaire London-Chatham.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°37 du 2 mai 1997, avec le titre suivant : La New York Fine Art Fair, une manifestation majeure

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