La Mostra renaît de ses cendres

La Biennale de Florence progresse en qualité malgré un contexte incertain

Le Journal des Arts

Le 12 octobre 2001

Avec une sélection plus exigeante des exposants, un décor grandiose d’un million de dollars signé Pier Luigi Pizzi et surtout des autorisations d’exportation accordées avant même l’ouverture, la Biennale de Florence renaît de ses cendres. Même si, de l’avis général, de bons résultats commerciaux devront attendre un contexte international moins incertain.

FLORENCE - La vingt-deuxième édition de la Mostra mercato internazionale dell’Antiquariato, forte de soixante-dix-huit participants, dont quatorze étrangers, s’est tenue au Palazzo Corsini, sur les bords de l’Arno, du 22 septembre au 7 octobre. Les restrictions draconiennes qui pèsent sur l’exportation d’Italie d’œuvres d’art avaient pendant de longues années réduit la plus vieille Biennale du monde au rang d’une simple manifestation nationale. Pour la première fois cette année, la commission florentine pour l’exportation a visité les stands avant le soir du vernissage. Deux cent trente demandes préalables d’exportation ont été accordées et seulement six objets, dont une cassone ou coffre de mariage début XVe siècle, ont été interdits de sortie du territoire. “Nous avons tout fait pour faire participer les meilleurs marchands d’Italie, souligne Giovanni Pratesi, secrétaire général de la Mostra. Même si la sélection reste moins sévère qu’à TEFAF Maastricht, la qualité s’en trouve nettement améliorée.”

Tête de Christ par Giuliano da Rimini
Les tableaux anciens, les objets d’art et les sculptures furent les points forts de la Mostra. La vedette incontestée étant, chez Colnaghi, L’Étude de femme en deuil, dessin de Michel-Ange acheté 64,3 millions de  francs chez Sotheby’s à Londres le 11 juillet. À côté d’un dessin de Giuseppe Nicola Nasini (1657-1736), Le Christ réconforté par les anges, pour lequel il demandait vingt-deux millions de lires (71 500 francs environ), le marchand florentin Massimo Vezzosi exposait un buste en marbre de Giuseppe Piamontini (1663-1744), un portrait féminin idéalisé, à plus de 100 millions de lires (325 000 francs). “La Mostra a eu lieu dans un contexte particulièrement difficile, soulignait ce marchand de Florence. Elle a néanmoins été une réussite. Personnellement, j’ai assez bien vendu.”

La galerie Moretti, de Florence, ainsi que la galerie Sarti, de Paris, montraient, entre autres, de très belles peintures italiennes à fond d’or – une Sainte Catherine d’Alexandrie du XIVe siècle de Giuliano da Rimini proposée à 4,3 millions de francs chez la première et, chez la seconde, une Tête de Christ du même artiste, autour d’un million de francs. “Nous avons vendu dès le début du salon plusieurs œuvres de moyenne importance et nous nous attendons à des résultats satisfaisants”, soutient Claire Sarti. Le marchand parisien de tableaux hollandais et flamands Georges de Jonkheere participe à la Mostra depuis vingt-cinq ans. “Les organisateurs ont renoué avec le dynamisme et la qualité et le cadre est merveilleux”, s’enthousiasme-t-il. “Le marché est bon pour des amateurs avertis”, ajoute Giovanni Martini de Bologne, spécialiste de céramique du XVIe et XVIIe siècle qui a vendu six pièces le soir du vernissage. La seule ombre, si l’on peut dire, au tableau : le premier jour de la Mostra, et quelques heures seulement après la visite en grande pompe du général commandant les carabinieri chargés de la répression des vols d’objets d’art, un couple a subtilisé un triptyque du XIVe siècle sur le stand de la Grace Gallery d’Arezzo.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°134 du 12 octobre 2001, avec le titre suivant : La Mostra renaît de ses cendres

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