Mardi 11 décembre 2018

La marque des Rothschild

La dispersion chez Piasa remporte un succès sans faille

Le Journal des Arts

Le 4 juillet 1997 - 575 mots

Les ventes de juin ont été favorables à l’étude Piasa, qui a notamment dispersé trois importantes collections : les tableaux de l’école du Nord de Monsieur et Madame B, les estampes modernes d’Henri Petiet et, surtout, la succession de Madame \"B\", issue des collections Gustave et Robert de Rothschild. Cette dispersion associée à un nom prestigieux a totalisé 36,5 millions de francs et attiré principalement des collectionneurs privés européens.

PARIS - Née Diane de Rothschild, Madame Benvenuti laisse dans sa succession un ensemble de faïences, porcelaines, meubles, objets d’art et tableaux à l’image de l’art de vivre et du goût raffiné de la "dynastie" des Rothschild. L’accueil a été très enthousiaste, avec 99 % des lots vendus – trois rachats seulement – et des enchères qui ont souvent pulvérisé les estimations. Appréciée pour l’éclat de sa blancheur, la porcelaine de Saint-Porchaire était représentée par un "biberon" très rare de la seconde moitié du XVIe siècle, adjugé au téléphone 920 000 francs, dans la fourchette de l’estimation. Un vase maniéré d’Urbino, XVIe siècle, a reçu l’enchère attendue de 250 000 francs, tandis qu’une belle coupe de même provenance, représentant le rapt de Proserpine, a atteint 600 000 francs. La surprise est venue de la porcelaine française, qui a fortement attiré les convoitises. Ainsi, un vase "urne antique à oreilles" bleu et or en porcelaine de Sèvres, estimé autour de 30-40 000 francs, a été adjugé 730 000 francs, et une paire de vases "Duplessis à décor d’enfants", de Vincennes, 180 000 francs sur une estimation de 5 000 francs environ. Dans le style de Sèvres, une paire de rafraîchissoirs à décors d’oiseaux a été adjugée 210 000 francs, et une maronnière et ses deux plateaux, 325 000 francs – chaque lot était estimé autour de 4 000 francs. Deux plateaux de tasses à glace du XVIIIe siècle, en porcelaine tendre de Sèvres, ont été préemptés par le Musée de Versailles à 40 000 francs.

Parmi les peintures, les deux toiles de Renoir ont atteint des enchères soutenues : 8,1 milllions de francs pour La Roseraie à Wargemont (1879), estimée 3-4 millions de francs, et 6,4 millions de francs pour La Provende des poules, route de Louveciennes (vers 1875), une lumineuse composition. Venant très probablement des "Bains Chinois", la pagode de 1792 située sur le boulevard des Italiens, un couple pittoresque de chinois à la mode du XVIIIe siècle, en terre cuite grandeur nature, a été adjugé 550 000 francs, en dessous de l’estimation fixée à 600-800 000 francs. Un buste de Houdon de 1784, portrait présumé de Madame Elizabeth, a été cédé à 445 000 francs, sur une estimation plus ambitieuse de 600-800 000 francs. Parmi les enchères inattendues, celle de 680 000 francs – dix fois l’estimation haute – a été atteinte par un gobelet en verre bleu émaillé de la fin du XVe siècle. Plus raisonnable, le Musée d’Écouen a préempté à 48 000 francs une bouteille en verre bleu émaillé, marquée des armoiries de Cathe­rine de Médicis, épouse du roi de France Henri II. Estimé 300-400 000 francs, un ensemble de bustes représentant Les Quatres Parties du Monde, attribués à Charles Cressent, a été adjugé 2,3 millions de francs. Signée Riesener, une table bureau en placage d’amarante et bois teinté vert a reçu l’adjudication de 3,7 millions de francs. Transformée au siècle dernier en bonheur du jour, elle portait les marques au feu du Garde-meuble de la reine Marie-Antoinette et du Petit Trianon.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°41 du 4 juillet 1997, avec le titre suivant : La marque des Rothschild

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