Passion collection

La lumière mise en boîte

Le Journal des Arts

Le 24 octobre 2003

Bien sûr, il y a les images que met en lumière le Mois de la photo, mais il faut pour les produire des appareils qui intéressent également les collectionneurs.

Lorsque les films souples en cellulose remplacent les plaques de verre, en 1885, les modèles d’appareils ne cessent de se multiplier et de se perfectionner. Pour les collectionneurs, les “ancêtres” vont des lourdes chambres en bois verni aux premières boîtes à images créées par Georges Eastman, le fondateur de Kodak. C’est en 1900 qu’apparaît un appareil simple, le Brownie, qui ouvre la voie à la photographie populaire. Les “foldings” à soufflet, dont le Vest Pocket est le plus célèbre exemple, connaissent un immense succès. Tout le monde devient photographe et la concurrence entre les marques suscite sans cesse de nouvelles inventions techniques, tandis que les films deviennent de plus en plus sensibles. Après les Rolleiflex et les Kodak Reflex, les Leica de Leitz – ces Rolls de l’appareil photo – imposent leur supériorité technique et leur maniabilité.
Pour parvenir à des séries homogènes, les collectionneurs sont conduits à faire des choix entre les modèles, entre les systèmes, entre les marques. Il y a les partisans de Canon, les fanatiques d’Hasselblad et les “leicamaniaques”. D’une manière plus générale, les collectionneurs s’appellent des “phosapparaphiles” ou encore des “mécaphotophiles”, d’après le petit Mémento de la collection, édité par Jacques Corvaisier (1).

Cotes et tendances
Depuis une vingtaine d’années, les ventes sur catalogue de la Galerie de Chartres (2) attirent les collectionneurs. D’autres préfèrent chiner des occasions souvent en vitrine chez les revendeurs spécialisés du boulevard Beaumarchais, à Paris.
Les vrais collectionneurs sont exigeants : ils ne veulent que des appareils en parfait état qu’ils utilisent avec bonheur. Les boîtes Kodak et les foldings de l’entre-deux-guerres sont accessibles entre 50 et 200 euros. Les Rolleiflex se vendent de 100 à 500 euros. Les Leica numérotés dépassent souvent 1 000 euros. Les collectionneurs ont aujourd’hui tendance à rechercher des appareils de haute technicité, même relativement récents. Certaines marques françaises des années 1930 – telles que Foca, Richard ou Alsafex – les séduisent en grand nombre. L’électronique n’a pas encore tué les ventes.

(1) 18, rue des Platanes, BP 93, 72500 Château-du-Loir.
(2) 7, rue Collin d’Harleville, 28000 Chartres, tél. 02 37 88 28 28.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°179 du 24 octobre 2003, avec le titre suivant : La lumière mise en boîte

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