Vendredi 28 février 2020

La licence poétique de Christie’s

Dispersion du contenu de deux villas où séjournait Byron

Le Journal des Arts

Le 1 octobre 1996 - 323 mots

Christie’s s’est habilement inspiré du nom du poète George Byron (1788-1824) pour promouvoir la vente, cet automne, du contenu de deux demeures qu’il a fréquentées, sans qu’un seul objet ayant appartenu à l’écrivain n’y figure. Aristocrate, poète, libertin, grand inspirateur du mouvement romantique français, Lord George Gordon Noel Byron a séjourné à la villa Diodati, à Genève, pendant l’été 1816 après son départ de Grande-Bretagne, alors qu’il se dirigeait, criblé de dettes, vers l’Italie. À partir de 1818, l’écrivain a vécu au Palazzo Mocenigo à Venise.

PARIS - Le 30 septembre et le 1er octobre, Christie’s mettra en vente l’ameublement de la villa Diodati, située sur la colline de Cologny qui surplombe Genève et lieu de rencontre, au XIXe siècle, de nombreux écrivains. Pendant l’été 1816, Byron, son locataire y a fréquenté Percy Bysshe Shelley et sa femme Mary qui, un soir de promenade, eut l’idée de son roman sur le monstre de Frankenstein.

Organisée dans les jardins de la villa, cette vacation sera la première "vente sur place" de Christie’s en Suisse. Elle comportera des tableaux, de la porcelaine, des gravures, de l’art populaire suisse et du mobilier, estimés autour de 1 350 000 francs suisses, soit 5,4 millions de francs français, de qualité plus modeste que celle, littéraire, de son célèbre hôte anglais. Citons néanmoins un lustre époque Restauration, en bronze ciselé et doré, estimé entre 30 000 et 40 000 francs suisses, et une console Directoire estampillée B. Molitor, estimée entre 25 000 et 35 000 francs suisses.

Aucun objet ayant appartenu à Lord Byron ne se trouve non plus dans le contenu du Palazzo Mocenigo, qui sera dispersé le 7 octobre, lors de la première vente publique organisée à Venise par une maison internationale. Elle comprendra le Portrait d’une femme attribué à Domenico Tintoretto, estimé entre 18 et 24 millions de lires, et une torchère baroque dans le style d’Andrea Brustolon, estimée entre 25 et 35 millions de lires.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°29 du 1 octobre 1996, avec le titre suivant : La licence poétique de Christie’s

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