Mercredi 19 février 2020

La foire de Strasbourg plus européenne

Par Philippe Régnier · Le Journal des Arts

Le 1 mars 1996 - 463 mots

Pour sa deuxième édition, la foire d’art contemporain de Strasbourg, qui se déroule du 1er au 4 mars au parc des expositions du Wacken, évolue en renforçant son caractère international et sa sélectivité.

STRASBOURG - 23 000 visiteurs s’étaient rendus à la première foire, dont les résultats avaient été mitigés, notamment en raison du manque de qualité de nombre de pièces présentées. Art Strasbourg devient cette année une foire sur invitation ; les stands d’associations ou les ateliers de peintres ont été supprimés au profit de galeries qui font un véritable travail de fond. La sélection a été confiée à un directeur artistique, Alain Lamaignère, qui avait déjà participé à l’élaboration de "Découvertes" à Paris.

Celui-ci entend faire de la foire de Strasbourg le rendez-vous de toutes les créations du vingtième siècle, des classiques modernes aux plus jeunes artistes. Le rôle éducatif de la manifestation est clairement affirmé dans le souci de se situer "en adéquation avec le public". Dans cette même logique, les organisateurs attendent aussi des pièces à des prix "accessibles". Ce souhait s’adresse tout particulièrement aux galeries qui présentent des jeunes artistes, comme la galerie Georges-Philippe Vallois.

Michel Durand-Dessert, pour sa première participation, espère avant tout "rencontrer à Strasbourg des collectionneurs allemands ou des conservateurs de musées qui ne font pas le voyage jusqu’à Bâle. Cette foire semble bien placée au niveau régional pour les contacts".

La foire entend justement renforcer cette année son inscription dans le grand bassin rhénan, l’un des plus dynamiques sur le plan économique à l’échelle de l’Europe. Un grand nombre de galeries sont donc originaires de l’est de la France (Strasbourg, Colmar, Metz, Mulhouse ou Besançon), de l’Allemagne toute proche (Fribourg en Brisgau, Baden Baden, Karlsruhe, Weil am Rhein ou Stuttgart) et de Suisse (Bâle). Ainsi, contrairement au premier salon qui était essentiellement français, Art Strasbourg 96 accueille près de 50 % d’exposants étrangers, principalement allemands dont la galerie Springer de Berlin, mais aussi belges, italiens, américains ou même japonais.

La foire propose en effet des stands à des prix attractifs : 680 francs le m2, soit près de trois fois moins cher qu’à Bâle, mais aussi plus accessible que les 1090 francs de la prochaine Fiac ou les 900 francs de la foire de Cologne.

Un effort a également été fait en direction des collectionneurs. Ceux-ci bénéficient en particulier d’une lettre d’information exclusive, bilingue français-allemand, et disposent d’un laissez-passer permanent gratuit pour la durée de la foire. Ils peuvent aussi partager un "Espace club" convivial, que la foire met à disposition de tous les exposants.

Particularité strasbourgeoise, la foire propose un espace réservé à une douzaine de galeries qui présentent exclusivement des artistes contemporains travaillant le verre.

Enfin, la chaîne Arte lance à l’occasion de cette foire un prix annuel destiné aux artistes vidéo.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°23 du 1 mars 1996, avec le titre suivant : La foire de Strasbourg plus européenne

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