Dimanche 21 octobre 2018

Des vacations plus riches en tableaux, sculptures et objets d’art qu’en mobilier

La crème de la crème du printemps

Des vacations plus riches en tableaux, sculptures et objets d’art qu’en mobilier

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 25 mai 2001 - 851 mots

À part une commode dont la vente risque d’être grevée par une estimation excessive et quelques estampilles prometteuses, ce sont surtout les tableaux, sculptures et objets qui marqueront les grandes vacations parisiennes du printemps mais aussi du tout début de l’été. Chronique des enchères à venir.

PARIS - Les confiseries, fruits confits, succades, dragées, craquelins, gimblettes et croquignoles disposés dans Quatre plats avec trois verres, une nature morte (50 x 66,5 cm) peinte par Osias Beert l’Ancien vers 1620, sont bien alléchants. Les coloris sont chauds, raffinés et vibrants. Le tableau d’un des peintres flamands parmi les plus doués de son temps est la vedette de la vente de tableaux anciens du 15 juin (étude PIASA) très remarquée aux Temps Forts de Drouot. “La qualité d’exécution et l’état de conservation extraordinaire laissent apparaître les mets dans tous les détails”, note l’expert Chantal Mauduit. Ce repas de fête est estimé 3 à 4 millions de francs. Tout aussi remarquable est l’ensemble de toiles modernes qui sera dispersé le 22 juin par l’étude Briest, dont deux œuvres issues de la succession Henri Cachin apparaissant pour la première fois sur le marché : Marseille, le port, une huile sur toile de Signac datée 1934 –  estimée au moins 3 millions de francs, soit le montant de la dernière enchère parisienne de juin 2000 pour un tableau de cette qualité –, et un dessin préparatoire de Seurat. Des pièces tout aussi inédites et d’excellente provenance sont présentées pour la vente d’art moderne du 30 mai de l’étude de Ricqlès. Il s’agit d’une sculpture  et d’un mobile (respectivement de Bugatti et Calder) et du Portrait de Joaquim Biosca, un grand dessin (48,5 x 31,5 cm) au fusain et à la gouache bleue de Picasso réalisé en 1900. “Cette œuvre forte a été présentée lors de la première exposition personnelle de l’artiste”, souligne l’expert Philippe Bismuth qui l’évalue autour de 5 millions de francs. L’estimation la plus haute, 12 à 15 millions de francs, porte sur un Cavalier arabe traversant un gué de Delacroix, une huile de 1850, un tableau de bonne provenance qui n’a jamais été vu auparavant.

Inédite, la grande commode galbée en placage de bois de violette et de bois de rose destinée à la chambre du comte d’Artois et portant les marques du garde-meuble de la Couronne et de l’inventaire du château de Fontainebleau, ne l’est pas (27 juin, PIASA). Elle est déjà passée en vente publique en 1989, en pleine euphorie du marché, sous le marteau de Me Thuillier à Lille. Emportée à 1,4 million de francs à l’époque, elle est aujourd’hui étonnamment estimée 6 à 8 millions de francs. Ce meuble sera entouré de quelques belles estampilles dont un ensemble de mobilier de salon d’époque Empire signé Jacob comprenant une paire de méridiennes, six fauteuils, six chaises et un sofa qui auraient été commandés par Napoléon Ier pour l’un de ses ministres. Pour l’expert Guillaume Dillée : “il est rare de trouver un salon complet en placage de bois de palissandre, l’acajou étant plus généralement employé. Et les bronzes dorés sont superbes”. L’estimation modeste de 500 000 francs pourrait être pulvérisée le 20 juin (étude Chayette et Cheval).

Une pendule signée Tompion
C’est à ce prix minimum que sont évalués pour la même vente deux lustres corbeilles à trente-deux bras de lumière sur deux étages, d’époque Restauration ; selon l’expert, “il est peu courant de découvrir des paires de lustres de cette époque”. À noter quelques autres découvertes surprenantes comme une pendule signée Thomas Tompion –  l’un des génies de l’horlogerie de la fin du XVIIe siècle en Angleterre – dont le modèle non répertorié est estimé 300 000 francs (étude Chayette et Cheval, le 4 juillet) ou encore quelques pièces de faïence provenant de la collection Pescheteau (étude Baron-Ribeyre, le 6 juin), tel un bassin ovale vers 1747 à décor polychrome estimé 150 000 francs représentant la naissance de Vénus.

Les grandes ventes des mois de mai et juin

30 mai, Tableaux modernes et sculptures, étude de Ricqlès, Drouot-Richelieu
30 mai, Haute Époque, étude Tajan, Espace Tajan
31 mai, Bijoux et argenterie, étude Poulain-Le Fur, Palais des Congrès 1er juin, Photographies, étude Néret-Minet, Drouot-Richelieu
6 juin, Porcelaines et faïences, étude Baron-Ribeyre, Drouot-Richelieu
12 juin, Meubles et objets d’art, étude Aguttes, hôtel des ventes de Neuilly
15 juin, Tableaux anciens, PIASA, Drouot-Richelieu
17-18 juin, Islam, étude Boisgirard, Drouot-Richelieu
18-19 juin, Orientalisme, étude Gros-Delettrez, Drouot-Richelieu
19 juin, Tableaux anciens, étude Tajan, Four-Seasons Hotel, George-V
20 juin, Meubles et objets d’art, étude Tajan, Four-Seasons Hotel, George-V
20 juin, Art impressionniste et moderne, étude Tajan, Four-Seasons Hotel, George-V
20 juin, Meubles et objets d’art, étude Chayette et Cheval, Drouot-Richelieu
27 juin, Meubles et objets d’art, PIASA, Drouot-Richelieu
27-28 juin, Art nouveau – Art déco, étude Aguttes, hôtel des ventes de Neuilly
28 juin, Livres anciens et modernes, étude Laurin-Guilloux-Buffetaud, Drouot-Richelieu
30 juin-1er juillet, Arts primitifs, collection Hubert Goldet, étude de Ricqlès, Maison de la Chimie
19 juin, Art déco, cabinet Camard, hôtel d’Évreux
22 juin, Art moderne, étude Briest, hôtel Dassault
23 juin, Art contemporain, étude Briest, hôtel Dassault
4 juillet, Horlogerie, étude Chayette- Cheval, Drouot-Richelieu

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°128 du 25 mai 2001, avec le titre suivant : La crème de la crème du printemps

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