Dimanche 25 février 2018

La Colombie plaît aussi

Succès pour la vente Binoche d’art précolombien

Le Journal des Arts

Le 5 février 2008

L’étude Binoche a dispersé le 5 décembre la collection d’un amateur espagnol d’objets précolombiens de Colombie.
Les collectionneurs qui manifestent un goût prononcé pour les petites pièces ont été satisfaits. Toutefois, l’absence dans la salle de décorateurs et architectes d’intérieurs, acheteurs potentiels des œuvres de taille importante, s’est fait cruellement ressentir.

PARIS - La vacation composée de 191 lots suivait l’évolution chronologique des principales civilisations de Colombie. La culture Tumaco-La Tolita (500 av. J.-C.-300 après J.-C.), dont l’unité d’aire culturelle s’est épanouie sur plus de 500 kilomètres de la côte pacifique, a laissé une importante production de céramiques et des milliers de figurines anthropomorphes. Une vingtaine de ces pièces étaient proposées et ont obtenu un important succès. Une Tête de statuette en céramique gris beige, beau visage de femme estimé 2 500-3 000 francs, a été vendue 5 800 francs. De même, un Masque humain en céramique, à l’estimation semblable, a été adjugé 8 000 francs. Un engouement important a été remarqué pour les objets de la culture Quimbaya (0-1500) originaire de la vallée moyenne du Rio Cauca. Plusieurs statuettes de céramique aux traits anthropomorphes stylisés représentant des caciques, détenteurs du pouvoir, étaient présentées. L’une d’elles, haute de 27 cm et couverte d’un engobe brun rouge, s’est vendue 26 000 francs. Une autre, de taille plus modeste mais aux caractères plus marqués, a été adjugée quelque 38 500 francs. Parmi les autres résultats importants de la vente, se trouvait une statuette anthropomorphe, dite Déesse de la lune, œuvre de la culture Sinù (150 avant J.-C.-1500). Cette figure stylisée s’est envolée à 26 500 francs, une somme proche des estimations avancées, malgré son importance.

Grand pectoral anthropozoomorphe
Deux objets de la vente étaient originaires de la culture Chimila (aux environs de l’an mil) : des urnes anthropomorphes en céramique brun rouge dont le récipient formait le corps d’un personnage, et le couvercle sa tête. La plus petite d’entre elles, également la plus décorée, était l’un des objets phares de la collection. Son prix a atteint la somme de 49 000 francs, soit l’une des pièces les plus chères de la vacation. De nombreuses petites coupes en céramique recouvertes d’engobes et peintes étaient également dispersées. Cet ensemble important retraçait l’évolution de la culture Nariño (750-1500) à travers les trois principales phases qui la composent : les styles Piartal, Capuli et Tuza. Une petite sculpture anthropomorphe en céramique brune à engobe vernissé de style Capuli a été vendue 14 000 francs, pour une estimation de 7-8 000 francs. Parmi les belles coupes de style Tuza, une pièce exceptionnelle, montée sur piédouche, recouverte d’un engobe crème et décorée d’un motif de guerrier stylisé a été adjugée 7 000 francs.

La dernière partie de la vente rassemblait un ensemble de bijoux des différentes cultures colombiennes. Largement plébiscitées, certaines pièces ont rencontré un important succès financier. Un grand pectoral anthropozoomorphe, mêlant des traits d’êtres humains, de jaguars et d’oiseaux, de la culture Tolima (0-500), a été vendu 112 000 francs. Cette superbe pièce en or jaune peut être mise en parallèle avec un pectoral similaire présenté lors de l’exposition “Les esprits, l’or et le chaman” au Grand Palais en 2000. Un pendentif en or rouge à éléments mobiles en forme d’aigle royal (culture Sinù) a été acheté 66 000 francs.

Avec un bilan total de 1,1 million de francs, pour 72 % de lots vendus, la vacation est une réussite. Le fait de ne proposer que des pièces d’art précolombiens de Colombie, excluant les objets mexicains – les plus recherchés et les plus chers –, était un pari. Toutefois, la vente a attiré le petit nombre de collectionneurs qui consacrent leur attention à la Colombie, ainsi que les principaux marchands du domaine.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°139 du 21 décembre 2001, avec le titre suivant : La Colombie plaît aussi

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