Mercredi 21 février 2018

La Bada en proie au doute

Deux marchands britanniques sont soupçonnés d’escroquerie

Par Martin Bailey · Le Journal des Arts

Le 15 juillet 2008

Deux antiquaires membres de la British Antique Dealers’ Association (Bada, Association des antiquaires britanniques) ont été mis en cause pour escroquerie par la justice britannique. Des décisions devraient être rendues dans les semaines à venir.

LONDRES (de notre correspondant) - Le milieu des antiquaires a été secoué par deux affaires impliquant des membres éminents de la British Antique Dealers’ Association (Bada). La première concerne Michael Gillingham, spécialiste d’art asiatique chez Alistair Sampson Antiques, impliqué dans la vente de deux porcelaines coréennes. Acquises toutes deux pour 850 livres sterling auprès d’Iris Malcom, une veuve âgée de 81 ans, elles ont été revendues 230 000 et 20 000 dollars chez Sotheby’s à New York, le 3 décembre 1994. À cette époque, Michael Gillingham était salarié d’Alistair Sampson et membre du conseil de la Bada : la galerie a donc été citée au cours du procès. Son directeur, M. Sampson n’était pas au courant des agissements de Michael Gillingham dans cette affaire jusqu’à une époque récente, et aucune somme n’a transité sur le compte de la galerie. Un troisième marchand membre de la Bada, Roger Keverne, avait conseillé Michael Gillingham sur les céramiques en question. Il n’avait cependant pas participé à l’acquisition des pièces, malgré l’occasion qui s’offrait à lui de gagner de l’argent. Après avoir eu connaissance du succès de la vente, Iris Malcom ayant exigé d’être dédommagée, Michael Gillingham lui a reversé 75 000 livres. Elle demande désormais un remboursement intégral, ainsi que le versement d’intérêts et le paiement des frais de justice. Le procès a été reporté de deux mois dans l’espoir d’un règlement à l’amiable.
Un autre cas d’escroquerie concerne Brand Inglis, ancien président de la Bada de 1983 à 1985. Ce dernier est accusé d’avoir falsifié des factures pour l’achat d’argenterie en 1993-1994, alors qu’il était directeur de la joaillerie Tessiers, dans Bond Street, également membre de l’Association. Le montant total des fausses factures aurait atteint 62 000 livres sterling (620 000 francs). Il est également accusé d’avoir signé d’un faux nom une facture. Brand Inglis, qui a quitté Tessiers en 1995, est désormais marchand indépendant spécialisé dans l’argenterie à Mayfair et membre de la Bada. Il sera entendu par les juges de la cour de Horseferry Road le 17 mai.

“Nous attendons que soient rendues les décisions de la cour avant de déterminer si les règles internes de l’Association ont été enfreintes. C’est ce que toute personne juste et raisonnable attend de nous”, a précisé un porte-parole de la Bada.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°83 du 14 mai 1999, avec le titre suivant : La Bada en proie au doute

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