Samedi 15 décembre 2018

New York

Jours tranquilles à l’Armory Show

Succès pour la vente d’art oriental et d’objets décoratifs

Le Journal des Arts

Le 1 décembre 1994 - 455 mots

La sixième Foire internationale annuelle des beaux-arts de Brian et Anna Haughton, qui s’est déroulée du 14 au 20 octobre, a répondu aux attentes de certains exposants, tandis que d’autres sont repartis déçus, malgré une fréquentation importante et diversifiée.

NEW YORK - On a noté une nette pénurie d’objets exceptionnels. L’art oriental et les objets décoratifs proposés à des prix moins ambitieux sont bien partis, mais quelques grands marchands européens ont déclaré avoir peu vendu.

Parmi les stands les plus courus figurait celui des spécialistes de la sculpture du XIXe siècle David & Constance Yates, qui proposaient une quantité de médaillons en bronze, terres cuites de petites dimensions et dessins, tous séduisants et à un prix raisonnable, en général inférieur à 30 000 dollars. Les habitués ne pouvaient cacher leur tristesse au stand de Blumka, endeuillé par la disparition récente de sa propriétaire, Ruth. On y exposait quelques belles pièces Renaissance, une Madone à l’enfant de Torrigiano et un Saint Martin bourguignon en bois polychrome.

Les orfèvres londoniens Koopman dépassèrent "largement" leurs prévisions, vendant une paire de soupières par Benjamin Smith et retrouvant des clients "que nous n’avions pas vus depuis deux ou trois ans". Alors que Jeremy Ltd n’avait "jamais fait mieux ici", avec des ventes de mobilier anglais supérieures au million de dollars (5,2 millions de francs environ) d’autres marchands proposant des pièces similaires enregistraient des résultats plus décevants.

"Les musées meurent", déclarait avec humour Robert Ellsworth, le spécialiste d’objets orientaux , qui a vendu un bronze chinois du VIIe siècle av. J.-C. à un collectionneur. "Heureusement, les collectionneurs privés ont les moyens de survivre." D’autres pièces importantes d’art oriental ont trouvé preneur, dont une figure équestre avec cavalier chez E.J. Frankel et un grand brûle-encens à trois pieds, acquis par un musée du Middle West.

On vit de ces acheteurs extravagants dont rêvent presque tous les marchands : chez Margot Johnson, un couple qui voulait du noir pour son vestibule acquit une paire de chaises Herter teintées ébène et une table ovale néo-Renaissance de même ton, avec incrustations d’ivoire, provenant du même atelier.

Konrad Beernheimer présentait plusieurs belles peintures hollandaises et flamandes, dont un Joyeux buveur par Willem van Mieris, digne d’un musée. Mia Wiener proposait deux remarquables Dogme et la Chasteté  par Francesco Solimena (35 000 dollars, 184 000 francs environ). W.M. Brady enregistra des résultats "corrects" pendant la foire, mais vendit la semaine suivante, grâce à celle-ci, deux de ses dessins les plus importants, un Nu féminin à la pierre noire et craie blanche de Prud’hon et un Guerchin des débuts, Le Retour de l’enfant prodigue. "Ce genre de chose n’arrive pas dans les autres foires auxquelles je participe, remarquait Brady. On a ici un public très sérieux et passionné."

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°9 du 1 décembre 1994, avec le titre suivant : Jours tranquilles à l’Armory Show

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