Joan Miró nouvelle étoile

Par Armelle Malvoisin · L'ŒIL

Le 29 janvier 2008

Dix tableaux et dessins d’art moderne dignes des plus grandes ventes internationales, signées Joan Miró, Pablo Picasso, Juan Gris, Henri Laurens et Fernand Léger, ont créé l’événement le 21 décembre à Drouot.

C’est au hasard d’un inventaire pour une expertise d’assurance que le commissaire-priseur neuilléen Claude Aguttes découvre les œuvres dans le coffre d’une banque.
Les propriétaires sont les neveux et héritiers d’André Lefèvre, grand collectionneur d’art moderne de la première moitié du xxe siècle. Au décès de ce dernier, est organisée à Paris, au palais Galliéra dans les années 1960, une vente extraordinaire des quelque deux cent soixante-quinze œuvres de la collection. La vente des œuvres conservées par les héritiers Lefèvre a rapporté 21,7 millions d’euros.
« Au regard de cet immense succès réalisé hors des places de New York et de Londres, par une petite maison de ventes inconnue, à une période de l’année où l’activité des enchères et des foires se tassent sur le marché international, faut-il forcément aller chez Christie’s ou Sotheby’s pour vendre des œuvres de cette importance ? », s’interroge le Baer Faxt, lettre anglosaxonne d’information sur l’art diffusée sur Internet, dans son édition du 11 janvier.
Poussé par deux courtiers internationaux, le tableau phare de la vente, Blue Star, peint en 1927 par Miró et estimé entre 5 et 7 millions d’euros, s’est envolé à 11,5 millions d’euros. Un record mondial pour l’artiste. Cette peinture majeure était considérée par Miró lui-même comme une de ses œuvres les plus emblématiques, comme le prouve un courrier du musée Guggenheim adressé à Madame Lefèvre pour la préparation de l’exposition Miró à New York en 1971.
« L’importance de ce tableau aux yeux de Miró tient du fait que l’on y trouve exceptionnellement la représentation de figures humaines et de signes cosmiques réunis dans une seule image... », écrit Rosalind Krauss, conservatrice de l’institution. Blue Star n’aura été cependant que la deuxième plus haute enchère en France en 2007, derrière un tableau d’après-guerre de Francis Bacon vendu 13,7 millions d’euros à Paris le 12 décembre chez Sotheby’s. Comme quoi le marché de l’art ne suit pas forcément la logique de l’histoire de l’art.

Dix œuvres de l’ancienne collection André Lefèvre, adjugées le 21 novembre à Drouot, Paris, Maison de ventes Aguttes, www.aguttes.com

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°599 du 1 février 2008, avec le titre suivant : Joan Miró nouvelle étoile

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