Entretien

Henry de Danne, délégué général du Syndicat national des maisons de ventes volontaires (Symev)

«”¯L’opportunité historique de faire bouger les choses”¯»

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 4 octobre 2007

Quels thèmes et problématiques seront abordés à la 6e Convention du Symev qui se tiendra à Paris le 24 septembre ?
Le Symev organise un vaste débat sous le titre général : « Que veut l’Europe, que voulons-nous ? ». Cette année, nous organisons notre Convention pour la première fois en association avec le Conseil des Ventes Volontaires (CVV) qui participera activement aux débats. À travers deux principales tables rondes, nous allons aborder des problèmes cruciaux pour l’avenir des sociétés de ventes volontaires (SVV) que nous représentons, à savoir « L’incidence de la directive Services sur la profession », table ronde à laquelle nous avons convié d’éminents juristes dont Jacques Biancarelli, conseiller d’État ; Catherine Chadelat, également conseiller d’État et membre du Conseil des Ventes ; Blanche Sousi, professeur à l’Université de Lyon 3 ; Pascale Fombeure, directeur des Affaires Civiles et du Sceau ; Philippe Limouzin-Lamothe, conseiller maître à la Cour des Comptes et président de l’Observatoire du marché de l’art, aux côtés des représentants de la profession et naturellement de François Péron, président de la Chambre nationale des commissaires-priseurs judiciaires. La deuxième table ronde, intitulée « Quels professionnels serons-nous demain ? », ouvrira une réflexion sur les moyens de s’adapter aux nouvelles règles.

Quelles vont être concrètement les effets de la directive Services sur le marché des enchères en France ?
C’est bien là tout le problème. La directive Services (anciennement directive Bolkestein) pose le principe de la liberté d’établissement des prestataires de service et de la libre circulation des services dans le marché intérieur. Elle a été adoptée par Bruxelles le 12 décembre 2006. Une société de ventes européenne ne devrait plus à l’avenir être obligée de monter une filiale de droit français pour vendre en France. Une simple succursale suffira. L’objectif de notre table ronde est d’évaluer de manière très pratique les enjeux probablement considérables de cette directive pour la profession. Nous ne savons pas précisément ce qui résultera de son application en France, mais il risque de se produire une modification de la loi de 2000 dans les deux ans à venir, qui posera en particulier la question de l’activité judiciaire et du rôle du CVV. Ce que le Symev souhaite, c’est saisir ce qui est à son sens une opportunité.

Comment comptez-vous y travailler ?
La Convention du Symev devrait donner le départ d’un processus de rencontres avec les professionnels organisées dans les régions par le Conseil des Ventes. À l’issue de ces débats, il est envisagé la tenue d’états généraux pour élaborer des propositions aux pouvoirs publics.

Qu’est-ce qui vous fait penser que les commissaires-priseurs ont aujourd’hui les moyens d’agir sur l’avenir de leur profession ?
Avant de partir, Dominique de Villepin avait commandé au Conseil économique et social un rapport sur le poids économique et social des ventes aux enchères en France. Le rapporteur, Pierre Simon, qui est le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris, doit rendre sa copie d’ici le printemps prochain. Parce que nous sommes dans une période politique propice aux changements, nous voyons là une réelle opportunité historique de faire bouger les choses. Contrairement à la situation en 2000 où la loi a été imposée à la profession, aujourd’hui celle-ci a tous les moyens de prendre son destin en mains et de demander aux pouvoirs publics de faire évoluer le cadre juridique dans le sens qui lui convient.

Que souhaitent les professionnels des ventes publiques pour eux-mêmes ?
Les commissaires-priseurs français possèdent un très bon savoir-faire, mais ils se doivent à présent de le compléter par une vraie maîtrise des grandes fonctions de l’entreprise, du phénomène Internet ou de la capacité à diriger une vente publique en anglais. Dans un monde difficile, ils seront demain ce qu’ils feront des opportunités d’aujourd’hui, en tenant compte des nouvelles habitudes des consommateurs qui, d’une part, sont attirés par Internet et d’autre part réclament, en plus de la compétence et des garanties, davantage de services.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°264 du 7 septembre 2007, avec le titre suivant : Henry de Danne, délégué général du Syndicat national des maisons de ventes volontaires (Symev)

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