Mercredi 18 septembre 2019

Nomination - Ventes publiques

François de Ricqlès chez Christie’s

Un entretien avec le commissaire-priseur qui devient vice-président de l’auctioneer

Par Éric Tariant · Le Journal des Arts

Le 26 octobre 2001 - 674 mots

PARIS

François de Ricqlès, commissaire-priseur connu pour ses ventes spécialisées de qualité, a été nommé, le 12 octobre, vice-président du directoire de Christie’s France. Accompagné de son principal collaborateur, Lionel Gosset, qui sera responsable des bureaux de province de l’auctioneer, il viendra épauler Christie’s et son équipe de spécialistes. Ils rentreront en fonction en début d’année prochaine. François de Ricqlès répond aux questions du Journal des Arts.

Éric Tariant : À quand remontent les premières propositions de collaboration avec Christie’s ?
François de Ricqlès : Ce n’est pas une affaire récente. Les discussions remontent à environ dix-huit mois.

E.T. : Dès le départ, l’idée était-elle de vous recruter au poste de vice-président salarié de Christie’s ?
F.R. : Tout à fait. Je souhaitais continuer à exercer la même activité avec des outils adaptés à la nouvelle configuration du marché de l’art. En rentrant chez Christie’s, qui est une très grande maison de vente, j’ai pensé que je pourrais continuer mon activité dans les meilleures conditions.

E.T. : Quelle va être votre mission chez Christie’s ?
F.R. : Je dois assister, à l’échelon national, François Curiel qui a par ailleurs d’importantes responsabilités internationales au sein de Christie’s ; et surtout contribuer à ce que Christie’s se développe le plus possible sur le marché français et parvienne à en prendre la première place. Christie’s a souhaité s’adjoindre de nouveaux collaborateurs qui connaissent bien le marché parisien et qui seront ainsi capables de leur apporter un plus.

E.T. : Tiendrez-vous le marteau dans un certain nombre de ventes ?
F.R. : C’est vraisemblable, mais ce sujet n’a pas été évoqué de façon précise.

E.T. : Aurez-vous notamment la mission de développer vos spécialités, d’archéologie, d’art primitif et d’art oriental ?
F.R. : Oui.

E.T. : Vous quittez un rôle de numéro un, de patron d’une PME, pour celui de cadre dirigeant d’une multinationale.
F.R. : Plus exactement d’officier ministériel exerçant une profession libérale, je deviens salarié d’une multinationale. D’autre part, je ne me suis jamais considéré comme un numéro un. Je suis à l’écoute des collaborateurs avec lesquels je travaille, prenant rarement de décision seul et consultant beaucoup. J’aime le travail en équipe.

E.T. : Que va devenir votre étude ?
F.R. : Je la ferme.

E.T. : Votre clientèle va donc vous suivre.
F.R. : Dans l’ensemble, ma clientèle doit être satisfaite de ce choix. Combien de fois avons-nous été confrontés au manque de moyens promotionnels que nous pouvions leur offrir. C’est l’une des raisons qui a motivé ma décision. En intégrant Christie’s, je pourrai leur assurer que tous les moyens de cette grande maison de vente internationale seront mis à leur service dans le cadre de la vente d’œuvres d’art. Si les vendeurs hésitent à confier des objets à des commissaires-priseurs, ce n’est pas qu’ils les estiment incompétents mais que ces derniers ne leur offrent pas toujours les moyens considérés par eux comme essentiels à la réussite d’une vente.

E.T. : Quel va être l’avenir de Drouot ? Je pense qu’il y a peu d’espoir pour Drouot tel qu’il existe aujourd’hui.
F.R. : S’il n’y a pas un véritable regroupement, si les acteurs du marché restent atomisés, Drouot ne sera pas viable à long terme.

E.T. : Vous-même n’étiez pas parvenu à fédérer d’autres études ?
F.R. : Jamais. C’est impossible. Le seul moyen de fédérer cette profession, c’est l’argent, c’est triste à dire, mais c’est la vérité. Il faudrait un repreneur qui propose aux commissaires-priseurs de racheter leurs actions et leurs études pour devenir majoritaire dans la société anonyme Drouot. Il tenterait alors de la diriger en véritable chef d’entreprise. Si comme aujourd’hui, chaque commissaire-priseur continue à avoir le même poids dans les orientations, quel que soit le chiffre d’affaires, aucune véritable décision ne pourra être prise. Les commissaires-priseurs ont toujours choisi le plus petit dénominateur commun. La profession n’a jamais été tirée vers le haut.

E.T. : Y a-t-il des initiatives qui iraient dans ce sens ?
F.R. : Un projet est à l’étude en ce moment. Aboutira-t-il ? Je ne le sais pas.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°135 du 26 octobre 2001, avec le titre suivant : François de Ricqlès chez Christie’s

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