Vendredi 14 décembre 2018

Fortune diverse des monnaies

Louis d’or, sesterces et pièces des croisades

Le Journal des Arts

Le 4 avril 1997 - 388 mots

Marché stable et évolutif, la numismatique attire de nouveaux collectionneurs français et étrangers. Quatre ventes à Paris et Londres ont récemment donné la tendance à travers des exemples très variés.

PARIS - À Paris, le 17 mars, Piasa dispersait une importante collection de monnaies royales françaises en or, vendues sans prix de réserve. Très appréciés, les "Henri d’or" ont souvent dépassé leur estimation. Un double ducat d’or du duché de Milan a été adjugé 128 000 francs à un Français. Hormis un achat de la Monnaie de Paris, le Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale a préempté à 6 000 francs un écu d’or d’Angers de 1564. En revanche, les pièces phares de la vente se sont vendues en dessous de l’estimation, tels le Piéfort du louis d’or à mèche courte, 1644, adjugé 40 000 francs (estimé 60-80 000 francs), le double louis d’or dit "Mirliton", 48 000 francs, ou l’essai en or de l’écu au bandeau Louis XV, 60 000 francs (estimé 70-90 000 francs). Selon l’expert Sabine Bourgey, ces prix sont significatifs d’un marché sain et ouvert. Le fameux Louis d’or à la tête nue, dit "à la corne", frappé par le cardinal de Rohan, a suscité une enchère de 18 500 francs.

Le 11 mars, chez Me Millon-Robert, les monnaies antiques, nombreuses sur le marché, se vendaient dans les fourchettes d’estimation. Un sesterce de Caracalla, rare et de belle conservation, faisait 6 500 francs. La rareté a également joué en faveur de pièces plus récentes, comme ce "40 Francs" de Bor­deaux, 1810, frappé à 886 exemplaires, parti à 11 000 francs.

Chez Christie’s, lors de la vente de la collection Norweb les 3 et 4 mars, la première pièce d’or frappée au Nouveau Monde, un "deux écus" symbolique de 1622, a atteint 35 200 dollars, le double de l’estimation basse. Sotheby’s dispersait les 6 et 7 mars la collection Slocum de monnaies des croisades. Une pièce unique en cuivre de Jocelyn II, dernier comte d’Edesse, au début du XIIe siècle, a été adjugée 3 080 livres. Très rare, une pièce en or et argent de Guy de Lusignan a fait 9 350 livres, et une monnaie en or du royaume de Jérusalem à l’effigie de l’Agneau divin, frappée au milieu du XIIIe siècle à l’époque de la croisade de saint Louis, 6 380 livres.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°35 du 4 avril 1997, avec le titre suivant : Fortune diverse des monnaies

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