Dimanche 25 février 2018

Entretien

Flore de Brantes, antiquaire parisienne installée à Bruxelles

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 3 août 2007

Vous êtes professionnellement et personnellement installée à Bruxelles depuis juin 2006. Pour quelles raisons ?
J'avais envie de disposer d'une plus grande galerie. Quand il s'agit d'exposer des meubles, l'espace est capital. Or il est plus facile de trouver un lieu spacieux à Bruxelles et l'immobilier y est bien moins cher. De plus, j'ai développé une clientèle belge et nordique assez importante que je rencontre depuis 2002 à Tefaf Maastricht, à la foire des antiquaires de Belgique (depuis son installation à Tour & Taxis il y a trois ans) ainsi qu'au salon Grands Antiquaires à Bruxelles, où la galerie est présente pour deuxième année consécutive.

Allez-vous conserver longtemps votre galerie parisienne ?
J'habite maintenant Bruxelles, ville très internationale et très centrale. Et même si mon activité commerciale est majoritairement étrangère, je désire conserver ma galerie de la rue de Beaune (7e arrondissement). Je viens régulièrement à Paris.

Qu'allez-vous présenter à la prochaine foire de Tour & Taxis à Bruxelles en janvier 2007 ?
A l'image de la galerie, je présente un mélange de meubles et d'objets d'art des XVIIIe et XXe siècles. J'aurai par exemple une encoignure Louis XV qui porte la marque du château de Bellevue que le roi a offert en cadeau à la marquise de Pompadour. Elle date de 1763 et porte un numéro d'inventaire. Parallèlement, je montre une paire de guéridons des années 1950, en macassar et à pied tulipe, de Carlo Di Carli, designer de l'école milanaise. J'expose également des pièces d'orfèvrerie et des bijoux des années 1930 à 1960 signés Jean Després. Je viens de consacrer une exposition à cet artiste connu pour ses travaux modernistes en argent martelé, décorés de rangs de perles et de chaînes à maillons plats.

Incitez-vous au mélange des genres et des époques ?
Oui, car personne aujourd'hui ne veut plus se meubler uniquement en XVIIIe. Et vivre dans un intérieur entièrement décoré en XXe peut être très froid. J'ai sans cesse de nouvelles idées de présentation. Par exemple, j'entoure volontiers une classique table de salle à manger en acajou du début du XIXe de chaises oranges à trous de 1971 de Rodney Kinsman. Dessus, je pose un surtout de table des années 1940 de Després. Les gens du Nord sont très créatifs et parfaitement ouverts à ce genre de propositions.

Vous enchaînez les salons. N'est-il pas difficile de devoir toujours se renouveler ?
Quand on travaille sur deux salons rapprochés, comme Tour & Taxis et Maastricht, il faut mettre des objets de côté pour l'un et pour l'autre. Car la clientèle de Tour & Taxis, qui visite également la foire de Maastricht, attend des nouveautés. Je réserve pour Tefaf la primeur d'un salon Régence composé d'un canapé et de deux fauteuils en bois naturel sculpté, recouverts de tapisserie de Bruxelles du XVIIIe d'une grande fraîcheur. D'une foire à l'autre, beaucoup d'antiquaires gardent le même genre de décor, un peu comme une marque de fabrique. Pour ma part, et cela fait partie de l'esprit de la galerie, j'essaie de surprendre à chaque fois. Pour Grands Antiquaires, j'avais fait un stand intimiste, recouvert de miroirs, façon boudoir des années 1950, à l'ambiance très feutrée. A Tour & Taxis, je dispose d'un grand espace très épuré. Je montrerai peu de choses, dans une atmosphère zen.

Comment pensez-vous évoluer dans votre métier ?
Je vais aller de plus en plus vers le XXe siècle. C'est ce que recherche la jeune clientèle et cela va croissant.

Quelles sont les oeuvres les plus récentes que vous exposez ?
A Tour & Taxis, je présenterai les dernières oeuvres de l'artiste péruvienne Iliana Scheggia, pour laquelle j'ai eu un coup de cœur lors d'un voyage au Pérou au printemps. Il s'agit de travaux photographiques sur plaque d'acier inoxydable, une série de portraits réalisés en 2006 en tirage unique que je propose entre 15000 et 20000 euros pièce.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°249 du 15 décembre 2006, avec le titre suivant : Flore de Brantes, antiquaire parisienne installée à Bruxelles

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