Vendredi 20 septembre 2019

Les ventes aux enchères dans le monde, résultats et commentaires

D’un Caracalla à l’autre

New York

Le Journal des Arts

Le 1 juillet 1994 - 469 mots

Le marchand londonien, Daniel Katz, a acheté coup sur coup, dans deux ventes différentes deux bustes de l’empereur Caracalla, du XVIIIe siècle, presqu’identiques.

NEW YORK - Caracalla fascine le marchand londonien, Daniel Katz. Le 1er juin, celui-ci achetait chez Christie’s à New York un buste de l’Empereur romain, daté de 1763, par Francis Harwood, pour 60 000 dollars (354 000 francs), qui était estimé à 15-20 000 dollars. Cinq jours plus tard, chez Sotheby’s, le même marchand s’emparait d’un autre buste en marbre blanc de la fin du XVIIIe siècle, réalisé par Bartolomeo Cavaceppi. Il le payait 85 000 dollars (500 000 francs) environ, alors qu’il était estimé entre 40 et 60 000 dollars.

Daniel Katz a également acquis l’autre sculpture remarquable de cette deuxième vente, un bronze florentin représentant l’Astronomie, d’après Giambologna, pour 95 000 dollars, soit 560 000 francs environ, estimé à 40 - 60 000 dollars.

Durant cette même vente, un buste en marbre de Voltaire, produit par l’atelier de Houdon, est parti à 15 000 dollars, soit 88 500 francs, en-dessous de son estimation de 30-50 000 dollars. La vente a totalisé 1 969 091 dollars (11,5 millions de francs environ), soit 79 % des lots, représentant 74 % en valeur. Réussie dans l’ensemble, elle a cependant enregistré quelques échecs pour des lots vedette, en particulier un Hercule florentin en bronze portant le globe terrestre sur ses épaules, d’après Giambologna, invendu à 145 000 dollars et estimé à 160-180 000 dollars, et un buste en terre cuite de Francesco Ferroni attribué à Giovacchino Fortini, peu inspirant, vendu à 25 000 dollars, soit 147 000 francs environ, et estimé à 40-60 000 dollars.

Le retour d’une statue
La vente du 1er juin chez Christie’s permettait de revoir une exceptionnelle statue en bois polychrome et doré de sainte Marguerite d’Antioche, provenant de Malines et datée d’environ 1500. Elle faisait partie d’une vente de janvier chez Sotheby’s (estimée à 10-15 000 dollars) mais en avait été retirée à la suite d’interrogations sur son authenticité. Elle réapparaissait avec une estimation de 60-80 000 dollars. Un collectionneur européen l’a emportée par téléphone, sans beaucoup de résistance dans l’assistance, pour 52 000 dollars soit 310 000 francs environ.

Moins belle peut-être, mais plus délicatement sculptée, une paire de figurines en ivoire, estimée à 6-8 000 dollars, est allée à un collectionneur américain pour 16 000 dollars, soit 95 000 francs environ. Elle représente deux paysans, datant du début du XVIIIe siècle allemand et a sans doute été créée pour orner un cabinet de curiosités. Elle est en excellent état malgré la finesse du travail, un des personnages chasse de son doigt avec une baguette une abeille ciselée jusqu’au moindre détail. La vente a totalisé 1 320 563 dollars (7,8 millions de francs), soit 79 % des lots, représentant 88 % en valeur.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°5 du 1 juillet 1994, avec le titre suivant : D’un Caracalla à l’autre

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