Du musée à la galerie

Ted Pillsbury, directeur du Kimbell, s’associe à Gerald Peters

Le Journal des Arts

Le 19 novembre 1999

Ted Pillsbury, ancien directeur du Kimbell Art Museum, a franchi le Rubicon. Il s’associe à Gerald Peters pour diriger une galerie à Dallas, où ils exposeront des artistes américains – du Texas et du reste des États-Unis – mais aussi européens.

DALLAS - À la tête du Kimbell Art Museum à Fort Worth, Ted Pillsbury s’est bâti une belle réputation, grâce notamment à une série d’acquisitions clés, dont Le Tricheur du Caravage. Il y a douze ans, il avait refusé le poste de directeur que lui avait proposé la National Gallery de Londres, finalement occupé par Neil MacGregor. Au deuxième semestre 1998, il est devenu le conseiller du magnat des casinos, Steve Wynn, qui souhaitait exposer la collection qu’il constituait pour son groupe Bellagio (lire le JdA n° 81, 16 avril ).

Aujourd’hui, Ted Pillsbury va mettre son temps, son argent et sa passion au service d’un partenariat avec le marchand Gerald Peters, propriétaire de galeries à New York, Santa Fe et Dallas. Le nom de leur société ? Pillsbury and Peters Fine Art. Le lieu ? La maison victorienne qui abrite depuis plus d’une décennie la galerie de Gerald Peters à Dallas. Pourquoi Pillsbury a-t-il décidé de quitter son poste de directeur de musée. ? “Je crois qu’il ne faut faire les choses que si l’on est vraiment passionné. J’ai été salarié et fonctionnaire pendant près de trente ans. Maintenant je vais être un homme d’affaires indépendant. Je le fais parce que je souhaite acquérir de nouvelles compétences et utiliser mon expérience”.

Art contemporain
L’initiative de l’association entre les deux hommes revient au directeur du Dallas Museum of Art, Jack Lane. Au printemps dernier, Ted Pillsbury avait décidé d’ouvrir une galerie à Fort Worth, sans réussir à trouver des locaux satisfaisants, tandis qu’au même moment, Gerald Peters cherchait un directeur pour sa galerie de Dallas. Cette opportunité permet à l’ancien directeur du Kimbell “de participer de manière significative à la vitalité culturelle de Dallas et Fort Worth, grâce à des expositions, des publications ou d’autres actions, tout en découvrant et en soutenant de nouveaux talents”. Il refuse de préciser quelles seront les futures expositions et les programmes de la galerie, mais indique qu’il présentera “le meilleur de l’art du Texas”, ainsi que des artistes du reste des États-Unis et d’Europe. “Je recherche l’art dans lequel je crois, gage de sérieux et de qualité, et il n’y a pas de raison pour que nous ne proposions pas de l’art ancien si l’occasion se présente. J’essaie d’élargir le champ de ce qui constituait mon travail au musée, de manière à accroître l’intérêt des gens pour l’art et de développer les collections”. Depuis l’âge de 28 ans, Ted Pillsbury collectionne des œuvres d’artistes qu’il connaît et apprécie, comme Chuck Close, William Bailey, Philip Pearlstein, William Beckman et Richard Estes. Quand il s’est installé au Texas, il a ajouté à sa collection des œuvres de Sharon Kopriva, Vernon Fisher, Bill Komodore, Chris Powell et Steve Price. Il possède une fortune personnelle qui lui permet d’investir dans la galerie. “Je ne suis pas riche selon les critères actuels, explique-t-il, mais je ne suis pas entré dans le monde de l’art pour faire fortune.”

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°93 du 19 novembre 1999, avec le titre suivant : Du musée à la galerie

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