Lundi 10 décembre 2018

Drouot tergiverse, Christie’s réagit

Par Éric Tariant · Le Journal des Arts

Le 11 mai 2001 - 390 mots

N’ayant pu obtenir l’autorisation d’organiser des ventes rue Cardinet, dans un entrepôt de la SNCF, pendant la durée des travaux de rénovation de l’hôtel des ventes prévus pour le 2e semestre 2001, Drouot a décidé de reporter cette opération d’au moins six mois... Des atermoiements dont profite Christie’s France pour se réorganiser en nommant à sa tête François Curiel.

Paris - Gagner du temps, telle semble être l’unique stratégie de Drouot à quelques mois de l’ouverture du marché de l’art à la concurrence. Après avoir tardivement pris conscience de la nécessité de fermer l’hôtel des ventes pendant la durée des travaux de rénovation, les commissaires-priseurs ont échoué dans leur recherche d’un lieu de substitution. Le projet envisagé de s’installer rue Cardinet, dans un entrepôt de la SNCF (lire JdA n° 125, 13 avril 2001) n’a pu aboutir faute d’avoir obtenu l’autorisation d’aménager l’endroit en hôtel des ventes. Cette information a été annoncée officiellement, le 25 avril en assemblée générale, à l’ensemble de commissaires-priseurs parisiens très mécontents. “Nos représentants n’ont aucune stratégie. Cela fait pourtant des années que nous devrions nous préparer à l’ouverture”, s’insurgeait un officier ministériel. Certains souhaitent aujourd’hui renoncer à l’idée d’une rénovation complète de Drouot au profit d’un simple rafraîchissement compatible avec la poursuite de l’activité. La compagnie devra de toute façon mettre le bâtiment de la rue Drouot aux nouvelles normes de sécurité, pour un coût total estimé à 20 millions de francs minimum. Il a finalement été décidé de surseoir d’un ou deux semestres à la réalisation des travaux, le délai accordé par les autorités avant d’imposer la mise aux normes de sécurité. Un sursis que les commissaires-priseurs devront mettre à profit pour chercher un lieu de vente de remplacement. Pendant ce temps, Christie’s affûte ses armes en nommant François Curiel, un “poids lourd” de la maison, à la tête de sa structure parisienne en remplacement de Hugues Joffre. À la suite de l’audit commandé par François Pinault, mettant en exergue les coût élevés de fonctionnement du siège social parisien, le nouveau président du directoire de Christie’s France devra s’atteler à réduire les dépenses de l’antenne française et... placer ses équipes en ordre de bataille à la veille de l’ouverture du marché hexagonal. Un nouveau défi pour ce gros travailleur déjà président de Christie’s Europe et responsable du département international de haute joaillerie de l’auctioneer.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°127 du 11 mai 2001, avec le titre suivant : Drouot tergiverse, Christie’s réagit

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