Dimanche 18 février 2018

Discrétion assurée

Découverte de François Bonvin à la galerie Bérès

Le Journal des Arts

Le 4 septembre 2008

Qui est François Bonvin ? La galerie Bérès se propose de répondre à cette question en présentant une centaine d’œuvres de ce peintre du XIXe siècle, spécialisé dans les natures mortes et les scènes de genre. L’exposition sera reprise au Frick Art Museum de Pittsburgh, de février à avril 1999.

PARIS - Peut-être s’agit-il de tableaux devant lesquels on ne s’attarderait pas dans un musée. Toutefois, le rassemblement d’une centaine d’œuvres – peintures et dessins – de François Bonvin (1817-1887) à la galerie Bérès invite à considérer cet artiste. Anisabelle Bérès a obtenu pour cette exposition – la première depuis plus d’un siècle à Paris, nous dit-on – des prêts de collections privées et publiques qui viennent compléter l’ensemble de tableaux appartenant à sa galerie. Parmi les œuvres présentées, une quarantaine est à vendre entre 50 000 et 700 000 francs.

L’histoire de l’art ignore les peintres de natures mortes précédant l’apogée impressionniste ; non sans raison d’ailleurs, tant les nombreux spécialistes peinent à se démarquer des modèles hollandais du Siècle d’Or. François Bonvin n’échappe pas à la règle, même si, à la découverte de sa peinture, le nom de Chardin est celui qui vient le plus spontanément à l’esprit. À l’image de ce petit Panier de fraises, les exemples ne manquent pas pour venir étayer cette comparaison. Les scènes de genre de Bonvin portent aussi la marque de l’auteur du Bénédicité. Ces écoliers penchés sur leur pupitre et concentrés sur leurs devoirs n’évoquent-ils pas irrésistiblement l’Enfant au toton ou le Château de cartes ? S’il a fréquenté Gustave Courbet, il en a refusé le réalisme militant, préférant une intemporalité rêveuse dénuée d’implications politiques et sociales. Bien plus déterminante fut sa rencontre avec François-Marius Granet. Le maître aixois lui a fait découvrir la peinture de genre hollandaise et lui a donné le goût des scènes conventuelles, dont quelques exemples figurent dans cette exposition. Sans doute l’austérité de la vie monacale convenait-elle à ce peintre peu soucieux d’effets, privilégiant au contraire – jusque dans sa palette, dominée par des tons sourds – discrétion et humilité.

FRANÇOIS BONVIN

Jusqu’au 10 janvier, exposition-vente, galerie Huguette Bérès, 25 quai Voltaire, 75007 Paris, tél. 01 42 61 27 91, tlj sauf dimanche 10h-19h. Catalogue 198 p., 250 F.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°72 du 4 décembre 1998, avec le titre suivant : Discrétion assurée

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