Mercredi 21 février 2018

Dessin : un grand cru 1997

Le salon parisien a confirmé son succès

Le Journal des Arts

Le 9 octobre 2009

Le Salon du dessin qui s’est tenu du 23 au 28 avril à l’Hôtel George V a, dès son ouverture, remporté un très grand succès auprès de ses nombreux visiteurs, parmi lesquels se trouvaient notamment des institutionnels américains. Les vingt-deux exposants du Salon ont proposé une sélection de dessins d’esprit classique, et cependant éclectique, du XVIe au XXe siècle, avec des pièces inattendues de belle qualité.

PARIS. "Nous gardons les dessins un an en vue du Salon : il y a une véritable synergie entre les ventes et cette manifestation", affirme Bertrand Talabardon, qui a vendu dès le soir de l’inauguration une feuille inédite de la main d’Annibale Carracci, Le Repos d’Hercule (1595). La présence des "grandes institutions américaines" est selon lui le signe que ce Salon est devenu un rendez-vous international de premier ordre. Jean-François Baroni est lui aussi plutôt satisfait des visiteurs d’outre-Atlantique, dont l’un d’eux lui a acheté un lavis gris de Jean-Baptiste Greuze, Jeune femme assise. Un très expressif Profil de vieil homme à la sanguine par Procaccini, déniché récemment, a également trouvé acquéreur, ainsi qu’un dessin à la pierre noire de Louis de Boulogne, Vénus remet les armes à Énée, qui entre dans les collections du Musée de Versailles. Pour Jean-François Baroni, "une nouvelle année commence" à l’issue du Salon du dessin, et les préparatifs de celui de 1998 n’attendent pas. Bruno de Bayser, qui proposait un ensemble traditionnel et racé autour des XVIIe et XVIIIe siècles, en a récolté les fruits avec de nombreuses ventes, dont un Portrait du marquis Néri à la pierre noire par Hyacinthe Rigaud, un beau Portrait d’homme en médaillon au crayon noir de Charles-Nicolas Cochin, Deux têtes féminines à la sanguine et la pierre noire de Watteau.

Le XIXe plus abordable
Chez Paul Prouté, le XVIIIe et le XIXe siècle ont attiré les acheteurs, avec notamment l’étrange Prière d’Odilon Redon, fusain sur papier beige, Élie nourri dans le désert, un dessin à la mine de plomb de Gustave Doré, la sculpturale Figure drapée agenouillée à la pierre noire de Coypel, et un Petit port par Isabey. Un portrait de la fille de l’artiste, aquarelle et gouache également par Isabey, a très vite trouvé acquéreur à la galerie Cailleux. À la galerie Terrades, deux marines de Marco Ricci ont été vendues, ainsi qu’une superbe étude à la sanguine pour une sculpture de Sainte Cécile  par Louis Claude Vassé, et l’étude pour le Triomphe de Pisani, une aquarelle du XIXe de Hesse. Les transactions prennent souvent plus de temps pour les "feuilles" italiennes et françaises des XVIIe et XVIIIe siècles, souligne Nicolas Joly qui, comme beaucoup de ses confrères, établit les premiers contacts lors du Salon. Didier Aaron avait ainsi beaucoup de dessins réservés d’emblée. En revanche, les dessins du XIXe, plus abordables, peuvent se vendre très rapidement, comme cela a été le cas pour la galerie Fischer-Kiener, qui proposait des artistes plus ou moins connus et des sujets variés et agréables. Chez Brame & Lorenceau, à côté de Corot et de Millet, Les Voiles blanches, pastel et huile sur carton de Charles Lacoste, traité comme un tableau, a vite décidé un acheteur, tout comme l’aquarelle de Van Don­gen, La place Blanche à Paris (1901). Antoine Laurentin, pour sa part, a eu d’intéressants contacts avec des institutionnels français. Les invités étrangers ont reçu un excellent accueil de la part des acheteurs, qui ont apprécié le raffinement de leur sélection, comme chez Colnaghi, très axé sur l’Italie du XVIIe, chez Bernard Houthakker, où figuraient dessins français et hollandais des XVIIe et XVIIIe siècles, ou chez Arturo Cuellar, Thomas Le Claire et Jan Krugier, lequel exposait Delacroix et Picasso. Chez Katrin Bellinger, une petite goua­che de Rodin, Faune avec enfant, a été vendue, ainsi qu’un dessin de Boucher à la pierre noire, Jeune fille debout. La galerie Yvonne Tan Bunzl a cédé deux portraits, l’un de Boilly, l’autre de Flandrin, et une aquarelle de James Tissot. Spécia­lisée dans le Sym­bolisme, la galerie Patrick Derom présentait entre autres un ravissant dessin de Burne-Jones, vendu dès l’ouverture.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°38 du 16 mai 1997, avec le titre suivant : Dessin : un grand cru 1997

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