Dimanche 25 février 2018

Des ventes couvertes de bijoux

À Genève, un triplé de joaillerie

Le Journal des Arts

Le 20 novembre 2009

À la mi-novembre, à Genève, au moment où Sotheby’s et Christie’s organisent leurs grandes ventes de joaillerie, plus de six cents objets Cartier seront dispersés conjointement par la maison suisse Anti­quorum, grande spécialiste d’horlogerie, et l’Étude Jac­ques Tajan, de Paris.

GENÈVE. Véritable caravane, l’exposition itinérante composée de 600 montres, pendules, bijoux et objets précieux signés Cartier, estimés la bagatelle de 80 millions de francs français, aura visité huit grandes villes – Paris, Londres, New York, Tokyo, Hong Kong, Dubai, Beyrouth et Milan – avant de faire halte, définitivement, à Genève. C’est à l’Hôtel des Bergues, le 19 novembre, que ce très important ensemble, sélectionné depuis le début de l’année avec l’aide des experts du joailler parisien, par les maisons de vente Antiquorum et Tajan, sera dispersé lors d’une vente intitulée "La magie de Cartier". Le catalogue est divisé en six grandes sections, couvrant 150 ans de création chez Cartier, de la seconde moitié et la fin du XIXe siècle (la période la moins bien représentée dans la vente), à l’époque moderne (des mo­dèles de montre-bracelet Dia­bolo de 1996, par exemple), en passant par le style guirlande, l’influence russe et les périodes pré-Art déco et Art déco.

Même entourées de tant de faste, certaines pièces particulièrement spectaculaires s’imposent. Ainsi, cette "pendule mystérieuse portique N° 4" de 1924 (six seulement ont été réalisées), en or 18 carats, cristal de roche, nacre et jade – décrite par Éric Nussbaum, directeur de la collection ancienne de Cartier, comme "la plus grande, la plus exceptionnelle et la plus Art déco" de toutes les pendules de ce type –, devrait se vendre entre 800 000 et 1 million de francs suisses (3,3 et 4,1 millions de francs français).

Garni d’un saphir facetté du Ca­chemire de 65,15 carats, le plus gros jamais proposé dans une vente aux enchères, un bracelet en diamants créé à New York en 1923 pourrait attirer des enchères supérieures à 2 millions de francs suis­ses, soit 8,2 millions de francs français.

La pièce la plus élaborée jamais réalisée dans le style tutti frutti – mélange exubérant de pierres précieuses de diverses tailles et couleurs –, un bracelet de 1927 en platine et or jaune serti de brillants, d’onyx, de saphirs étoilés et d’émeraudes, est estimé entre 550 000 et 650 000 francs suisses. Le célèbre collier de l’actrice britannique Merle Oberon, composé de brillants et de 29 émeraudes baroques, grosses et luisantes comme autant de bonbons acidulés, devrait se vendre entre 1,5 et 2 millions de francs suisses.

La vente comportera également de nombreux bijoux et objets précieux estimés, si l’on ose dire, à quelques milliers de francs suisses seulement, ainsi qu’un choix important de montres-bracelets, qui bénéficient d’un véritable engouement de la part de beaucoup de collectionneurs à travers le monde.
 
Toujours à Genève, Sotheby’s et Christie’s organisent leurs grandes ventes de joaillerie d’automne. Le 19 novembre, Christie’s met en vente une collection de 146 bijoux créés depuis la Seconde Guerre mondiale – la moitié étant signés Bulgari et Tabbah – estimée entre 40 et 50 millions de francs français. Une parure conçue par Tabbah, comprenant un collier de diamants articulé autour d’une émeraude rectangulaire d’environ 30 carats, suspendant cinq autres plus petites, et une paire de boucles d’oreille, est estimée entre 600 000 et 900 000 francs suisses.

Sotheby’s, qui estime que les bijoux mélangeant diamants et émeraudes reviennent à la mode, proposera le 20 no­vembre un bracelet de Van Cleef & Arpels où figurent les deux pierres, estimé entre 260 000 et 360 000 francs suisses. Avantage non négligeable, ce bracelet, nous as­sure-t-on, peut être porté en tiare. Un collier de diamants de Chaumet, vers 1930, est estimé entre 275 000 et 350 000 francs suisses, une broche de diamants ser­tie d’un saphir du Cachemire – "une tentation supplé­men­tai­re" –, entre 470 000 et 590 000 francs suisses.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°30 du 1 novembre 1996, avec le titre suivant : Des ventes couvertes de bijoux

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