Samedi 24 février 2018

Céramique

Des touches de vie dans l’habitat

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 30 octobre 2007

Les céramiques ont occupé une place de choix dans l’œuvre de l’architecte décorateur moderne Francis Jourdain.

PARIS - Après une rétrospective en automne 2000 consacrée à l’œuvre de Francis Jourdain (1876-1958), la galerie Doria poursuit son travail de redécouverte de ce cofondateur de l’UAM (Union des artistes modernes) à travers une exposition de céramiques des années 1920-1925. « Contrairement à Chareau ou à Mallet-Stevens, il est aujourd’hui inconnu du grand public. Mais à l’époque, c’était lui la star », rappelle Denis Doria. En effet, cet architecte d’intérieur révolutionnaire est actif dès 1912 avec une production de mobilier dit « interchangeable » aux formes sobres, dénué de tout ornement, tenant compte du goût et des nécessités quotidiennes. Il cherche également à réhabiliter les objets usuels dans les expositions d’art décoratif où ils étaient ignorés au profit de réalisations plus voisines de l’objet d’art. Ses céramiques, proches de la « poterie populaire », » complètent ses créations de meubles. « On trouve certains dessins de céramiques dans ses premiers dessins d’ensembles mobiliers, mais ce n’est qu’à partir de 1921, au Salon des artistes décorateurs, qu’il présente ses premières céramiques avec ses meubles, souligne le galeriste. Elles apparaissent comme des contrepoints, des notes de sensibilité et de vie dans l’habitat. » Cette production de petite série se compose de garnitures de tables, services à thé et à café, soliflores et autres vases, pieds de lampes, cache-pots, pots couverts, bonbonnières et cendriers aux silhouettes arrondies, la plupart du temps réalisés en terre vernissée, décorés d’engobes colorés. Jourdain utilise également la faïence et la porcelaine pour les créations les plus raffinées, le grès pour les grandes pièces. Les décors peints, simples et dépouillés, sont faits de pois, cercles, spirales, rayures ou pointillés, sur des fonds unis ou mouchetés. L’utilisation de couleurs rares pour l’époque, comme le vert pomme ou le jaune citron, est le témoignage de l’esprit moderne de Jourdain. Selon leur rareté, ses céramiques sont proposées dans une fourchette de prix allant de 4 000 à 12 000 euros. Présentées en vitrine sur des supports pyramidaux de manière similaire à ce que Jourdain faisait dans son magasin « Chez Jourdain », situé 2, rue de Sèze à Paris, à partir de 1919, ces pièces restent visibles de l’extérieur de la galerie, pour pouvoir les découvrir « sans que cela soit intimidant d’entrer dans une galerie ». Une mise en scène à laquelle tenait Denis Doria, soucieux de la poursuite du travail social entrepris par Jourdain.

LA CÉRAMIQUE DE FRANCIS JOURDAIN

Jusqu’au 30 mars, galerie Doria, 1 rue des Beaux-Arts, 75006 Paris, tél. 01 43 25 43 25.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°186 du 6 février 2004, avec le titre suivant : Des touches de vie dans l’habitat

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