Mardi 18 décembre 2018

Art contemporain

Des foires en attente

Par Roxana Azimi · Le Journal des Arts

Le 14 mai 2004 - 747 mots

Dans un contexte de concurrence effrénée, les foires d’art contemporain tardent à communiquer la liste de leurs participants.

 PARIS - La turbulente foire londonienne Frieze Art Fair, qui se déroulera du 15 au 18 octobre, est la première des manifestations automnales à livrer sa liste de participants. En ouvrant les vannes à de nouveaux impétrants américains comme Donald Young et Barbara Gladstone, elle a fait le tri parmi ses anciens exposants. On constate le départ des Parisiens Praz-Delavallade, Almine Rech, Nathalie Obadia, Air de Paris et Art:Concept. En revanche, la Cosmic Galerie et Emmanuel Perrotin rejoignent Yvon Lambert, Chantal Crousel et Ghislaine Hussenot, déjà séduits l’an dernier.
Pendant ce temps, la Foire internationale d’art contemporain (FIAC) (21-25 octobre), Art Paris (22-25 octobre) et Art Cologne (28 octobre-1er novembre) continuent de prêcher la bonne parole. Les galeries du comité de pilotage de la FIAC semblent prendre leur tâche de missionnaire au sérieux. Thaddaeus Ropac (Paris-Salzbourg) a réussi à convaincre les trustees du Guggenheim Museum (New York, Berlin, Venise) de se rendre à Paris plutôt qu’à Londres. Mais la liste des exposants n’est pas encore close. Tout juste sait-on que le Parisien Michel Durand-Dessert, évincé pour la première fois d’Art Basel, revient à la FIAC. Si les organisateurs ont su convaincre la Galerie Krugier-Ditesheim & Cie (Genève), Leslie Waddington (Londres) boude toujours la manifestation. Beaucoup d’autres se tâtent encore. Pierre Huber, directeur d’Art & Public (Genève), qui soutenait la FIAC l’an passé, a signé pour Frieze alors même qu’il nous déclarait en octobre que le marché britannique était inexistant ! Maître en palinodies, il réserve sa réponse à la FIAC pour l’après-Foire de Bâle. Absente en 2003 de la place parisienne, Chantal Crousel ignore encore si elle amorcera un retour. L’attentisme général ne se débloquera que si la foire consent à livrer quelques noms, histoire d’allécher les indécis. Mais vraisemblablement, la prochaine édition n’aura pas que des exposants de haute volée.

La vidéo invitée à Art Cologne
Atteint des mêmes maux que la FIAC, Art Cologne poursuit son lifting. En témoignent un nouvel habillage graphique et une typographie plus dépouillée. Les jeunes galeries, baptisées « New Contemporaries », habituellement orientées vers la périphérie du rez-de-chaussée, seront logées à meilleures enseignes. « On n’a pas à se battre pour être cool », insiste toutefois le directeur de la plus vieille foire du monde, Gérard Goodrow. La section sculpture sera supprimée. Art Cologne, qui n’avait pas consacré d’espace à la vidéo, prend les mesures qui s’imposent en parrainant cinq à six cabines vidéo de 30 m2 chacune. Inspiré par la journée professionnelle lancée cette année à Bâle en fin de parcours, le salon prévoit un « finissage », plus proche toutefois de l’idée de la criée. La foire s’ouvre aussi à une poignée d’exposants d’art primitif qui partageront leurs stands avec des professionnels d’art contemporain. Gérard Goodrow espère rééquilibrer la proportion de galeries allemandes en passant de 60 à 50 %. S’il convient qu’un quart des exposants de la dernière édition ne correspond pas à ses critères de qualité, il espère que la venue d’une trentaine de bonnes galeries permettra un écrémage. Mais, point de liste définie pour l’instant.
À l’ombre des mastodontes, Art Paris poursuit son bonhomme de chemin. Certes, elle accuse le coup de quelques départs pour la FIAC comme Durand-Dessert, Suzanne Tarasiève, ou Michel Zlotowski. Elle devra aussi compter sans Farideh Cadot. « Mais la foire n’est pas moribonde », défend son directeur Henri Jobbé-Duval. On est toutefois loin de l’époque où Art Paris pensait faire la nique à la FIAC. Parvenue à l’âge de maturité, elle se positionne avec sagesse autour de la peinture et de l’art « classique-contemporain ». Parmi les 60 galeries inscrites à ce jour, on relève Martin du Louvre (Paris) et Jean-Luc & Takako Richard, nouvelle enseigne installée sur l’île Saint-Louis. Bien que très hexagonal, le salon accueille quelques recrues étrangères comme la Milanaise San Carlo, le New-Yorkais Haim Chanin Fine Arts ou encore GKM, une enseigne suédoise qui présentera un one-man-show de Sam Francis. Il conserve ses têtes de pont avec les Yeux Fertiles (Paris), Carole Brimaud (Paris), Berthet-Aittouares (Paris), Veranneman (Kruishoutem, Belgique) ou Sonia Zannettacci (Genève). Cette dernière revient avec un accrochage de Jacques Monory. La Société Générale sera enfin invitée à présenter un échantillon de sa collection. Mais Art Paris ne se bonifiera qu’avec un changement de calendrier, à la faveur peut-être de l’ouverture du Grand Palais. Elle pourra alors compter dans ses rangs des galeries aujourd’hui promises à la FIAC.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°193 du 14 mai 2004, avec le titre suivant : Des foires en attente

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