Mercredi 21 février 2018

De la haute fantaisie dans la bijouterie

Par Armelle Malvoisin · L'ŒIL

Le 30 juin 2009

Les bijoux fantaisie et de designers sont un domaine de collection où les prix restent très abordables. Mais il faut faire le tri dans une production non homogène.

Moins prisés en France qu’aux États-Unis, les bijoux de fantaisie sont collectionnés par des amateurs avertis, et ce dès les années 1920. Ils sont caractérisés par l’emploi de matériaux non précieux comme le bois, le plastique, la résine, la pâte de verre et la céramique par des artisans du bijou. On a même vu des créateurs utiliser de la mie de pain, du papier mâché et des noyaux de cerise.
Dans le bijou fantaisie, c’est le talent créatif qui compte et réinvente un certain luxe. On parle de haute fantaisie pour distinguer un bijou de collection d’une pièce commune de pacotille. Aux États-Unis, on utilise le terme « costume jewelry ». Comme une œuvre d’art, le bijou de haute fantaisie est une pièce unique ou de petite série. L’originalité de son dessin, la qualité de son exécution et de ses finitions et sa signature le font sortir du lot. Même s’il est rarement signé avant 1950, un beau bijou fantaisie est associé à un créateur par son style propre. Il faut retenir les créations les plus emblématiques de leur époque.
Dans la haute fantaisie, il existe deux écoles. L’une se spécialise sur le bijou d’imitation, proche de la joaillerie classique, le prix des carats en moins. Les bracelets Art déco en métal sertis de strass et de cristaux ont, par exemple, été inspirés de ceux en platine et diamants des grands joailliers de l’époque. Certains créateurs actuels de bijoux de haute fantaisie travaillent dans un registre proche de la création joaillière traditionnelle, avec souvent plus de talent.
L’autre école est celle de la création moderniste, autour de designers pour lesquels le bijou est l’activité dominante. Ce mouvement international, manifestant une indépendance affirmée vis-à-vis des matières utilisées, prend sa source en Europe et outre-Atlantique dans les années 1930.
Depuis trente ans, le bijou contemporain est riche en expériences, techniques et formes nouvelles. Les designers les plus actifs dans ce domaine sont anglais à l’instar de la célèbre Wendy Ramshaw ; hollandais (Ralph Bakker, Gijs Bakker, Ruudt Peters, Ted Noten et Annelies Planteijdt) ou italiens, en particulier de l’école de Padoue. La plupart ont reçu des prix et sont exposés dans des musées internationaux. En France, Gilles Jonemann fait partie des figures historiques de la bijouterie contemporaine.

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Robert & Baille, www.art-auction-robert.com

Artcurial Deauville, www.artcurial-deauville.com

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°615 du 1 juillet 2009, avec le titre suivant : De la haute fantaisie dans la bijouterie

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