Vendredi 14 décembre 2018

Art moderne

Dans le rêve de Miró

Le Journal des Arts

Le 14 mai 2004 - 483 mots

La galerie Patrice Trigano propose un regard sur l’œuvre du peintre espagnol à travers 18 œuvres.

 PARIS - Depuis plus d’un an, le galeriste Patrice Trigano préparait un événement monographique consacré à Joan Miró (1893-1983). « Cette présentation s’inscrit dans le cadre des grandes expositions historiques que nous avons initiées il y a une trentaine d’années, explique-t-il. Nous sommes particulièrement intéressés par les artistes ayant été liés au surréalisme et nous voulions depuis longtemps présenter Miró, mais ses œuvres sont difficiles à trouver ! » Enfin, dix-huit pièces du peintre espagnol sont accrochées sur les cimaises de la galerie, et leur réunion illustre particulièrement bien les propos que Miró tenait dans ses notes de travail en 1941 : « Que mon œuvre jaillisse d’une façon naturelle, comme le chant d’un oiseau ou la musique de Mozart, sans effort apparent, mais longuement méditée et travaillée de l’intérieur. » Le visiteur évolue dans un monde ludique et onirique, aux couleurs primaires et vives. Parmi les œuvres les plus anciennes de l’ensemble, un dessin de 1942, extrait de la série des « Constellations », expose déjà la mythologie du peintre. « On y trouve les personnages qui hantent à l’époque sa peinture. C’est à la fois très frais et chargé d’ambiguïté tragique », précise le galeriste. De la même année, le tableau Personnage devant le soleil, constitué des couleurs simples et du vocabulaire plastique classique de l’artiste, semble condenser l’essentiel de son style. Une très émouvante aquarelle de 1956, ancienne page de garde du livre d’or de la galerie Henriette Gomez, témoigne de la grande sensibilité du peintre. De la même époque, une petite toile, Après la pluie, conçue à partir de traits fins et de points, rappelle dans sa construction les célèbres grands tableaux bleus. L’unique sculpture de l’exposition date de 1968. Il s’agit de l’exemplaire 1/2 de Tête dans l’édition d’époque. La grande encre d’allure très sombre de 1970, également titrée Tête, est l’une des pièces les plus marquantes de l’ensemble. Les autres toiles des années 1970 sont peuplées des personnages qui habitent l’imaginaire de Miró, Femme et oiseau dans la nuit (1971), Femme, oiseaux (1977), ou encore Femme devant la lune (1977).

De plus en plus cher
Toutes les œuvres de l’exposition sont auréolées d’une prestigieuse provenance. La plupart proviennent d’ailleurs de la galerie Pierre Matisse à New York, qui avait le premier droit de regard sur la production du peintre. Leurs prix moyens varient de 150 000 à 300 000 euros. « Les peintures de Miró se raréfient considérablement sur le marché et elles vaudront de plus en plus cher. Les prix sont encore raisonnables pour un artiste qui est l’un des titans du XXe siècle », estime Patrice Trigano.

MIRÓ ŒUVRES 1937-1979

19 mai-17 juillet, galerie Patrice Trigano, 4 bis, rue des Beaux-Arts, 75006 Paris, tél. 01 46 34 15 01, tlj sauf lundi 10h-13h 14h30-18h30, www.officieldesarts.com/patricetrigano. Catalogue édité par la galerie Patrice Trigano.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°193 du 14 mai 2004, avec le titre suivant : Dans le rêve de Miró

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