Vendredi 14 décembre 2018

Cultivez votre jardin !

Aux États-Unis les ornements de jardin font fureur

Le Journal des Arts

Le 25 août 2000 - 705 mots

Il y a quinze ans à peine, les articles destinés au décor de jardin se vendaient plus dans les brocantes que dans les galeries de New York. Barbara Israel fait partie des premiers marchands à avoir donné de l’importance à la provenance des objets, en écartant les reproductions et les pièces d’origine douteuse. Dans les années quatre-vingt-dix, elle a commencé à exposer des ornements de jardin au Winter Antiques Show, offrant aux clients de la foire des objets de plus en plus appréciés. Elle explique la croissance de ce marché.

Comment vous êtes-vous fait une place ?
J’étais fanatique de ventes aux enchères et je suis entrée chez Doyle’s en 1983 afin d’en savoir plus sur les arts décoratifs. J’ai commencé en triant du linge et en vidant des maisons. Au bout de deux ans, j’ai participé à une vente dans une propriété de Westchester où j’ai acheté quarante éléments en pierre sculptés datant de 1890-1920. La qualité était remarquable et j’en ai vendu certains à des amis. J’ai commencé par organiser deux ventes par an dans ma maison, mais le conseil municipal s’en est mêlé et a déclaré que je devais me limiter à une seule vente. Je me suis alors tournée vers les foires. Le véritable changement a eu lieu en 1994, lorsque j’ai été invitée au Winter Antiques Show de New York.

Qu’est-ce qui vous distingue des autres marchands ?
À l’époque, les seuls autres marchands dans le domaine étaient Florentine Craftsman à New York et Hobensack and Keller à New Hope en Pennsylvanie. Tous deux vendaient également des reproductions, ce que très tôt j’ai refusé de faire. Pour les pièces anciennes, je retrace l’origine ainsi que l’histoire du modèle et je dois faire face à des problèmes de restauration qui peuvent se révéler compliqués et onéreux. Si vous regardez les autres marchands de décors de jardin comme Treillage, Lexington Gardens et Garden Room, vous remarquerez qu’ils offrent plus que jamais des reproductions. Au début, j’achetais tout, des tuyaux d’arrosage, des outils et même des tondeuses à gazon, puis j’ai affiné mes choix. Ma chance a été d’avoir une maison de campagne, où j’ai pu placer les objets dans leur contexte et donner aux clients la possibilité de voir comment ils pouvaient embellir et donner du caractère à un lieu. Moishe Bernstein de Garden Antiquary est le seul autre marchand à posséder un espace en plein air.

Quelles sont les évolutions du marché des objets de jardin ?
Le nombre de marchands croît de manière exponentielle et on en recense une centaine tous niveaux confondus. Les prix montent en flèche. Lors de ma première participation au Winter Antiques Show, j’ai vendu un support à fleurs en fonte à 65 dollars. Aujourd’hui, je n’ai rien en dessous de 1 000 dollars, avec en tête du palmarès une sculpture anglaise du XVIIe siècle vendue 55 000 dollars. Le volume des ventes a augmenté considérablement. En moins d’un mois, j’ai vendu trois bancs de jardin du XIXe siècle pour des sommes allant de 9 000 à 25 000 dollars. Les articles de valeur sont rares et chers. Les vasques en fonte, que l’on trouvait autrefois par milliers, coûtent autour de 3 750 dollars, deux fois plus cher qu’il y a cinq ans.

La clientèle a-t-elle changé ?
Pendant un moment, je ne voyais que des jardiniers professionnels, créateurs de jardins. Aujourd’hui, les clients arrivent accompagnés de leur paysagiste avec leurs projets. En fait, la moitié de mes clients sont des architectes paysagistes. Ils exigent maintenant plusieurs pièces et pas seulement un objet de qualité. En outre, ils sont conscients de la valeur de la provenance.

Vos affaires sont-elles affectées par le commerce illicite et les contrefaçons ?
En tant qu’unique membre américaine de l’association Salvo, je me suis engagée à ne jamais vendre de biens volés ou d’éléments d’architecture récupérés de manière douteuse. J’ai découvert sur un site Internet qu’une série d’épis de faîtage que je possédais avait été volée. Je les ai restitués à leur propriétaire et j’ai exigé d’être remboursée. Le vol est un problème croissant, tout comme le pillage des objets dans les cimetières. Ils représentent 5 % de ce qui m’est offert. Lorsqu’un vendeur ne veut pas me donner de reçu, je suis automatiquement sceptique.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°109 du 25 août 2000, avec le titre suivant : Cultivez votre jardin !

Tous les articles dans Marché

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque