Orfèvrerie

Coupe sur mesure

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 24 avril 2008

Le regroupement à Paris chez Sotheby’s des pièces d’argenterie européennes a payé.

PARIS - Le département parisien d’orfèvrerie de Sotheby’s peut s’enorgueillir d’avoir pris du galon. Depuis cette année, les pièces habituellement vendues à Amsterdam et Milan, ainsi que les objets de vitrine traditionnellement dispersés à Londres, viennent enrichir les vacations parisiennes spécialisées de la maison de ventes. Le 10 avril, la première vente a été concluante avec 3,55 millions d’euros de recette, contre 2,2 millions d’euros d’estimation basse. Nombre d’Italiens et de Hollandais avaient fait le déplacement à Paris pour enchérir en direct. In fine, 16 des 17 lots hollandais et 24 des 26 pièces italiennes ont trouvé preneurs. « Des collectionneurs français ont eu des coups de foudre pour des pièces hollandaises qu’ils n’auraient vraisemblablement pas eus à la simple lecture du catalogue d’une vente à Amsterdam », ajoute Thierry de Lachaise, directeur du département. Le lot le plus attendu, le grand coffret en vermeil aux armes du cardinal-duc d’York et sa doublure en laiton par Luigi Valadier (Rome, vers 1785), a été adjugé 384 250 euros, dans son estimation. C’est à peu près dix fois le prix qu’il avait fait à Monaco chez Sotheby’s il y a environ 25 ans. Entre-temps, des recherches effectuées par l’historien d’art Alvar Gonzáles-Palacios ont conforté l’intérêt de ce joyau. Très convoitée, une grande coupe en agate montée en argent et vermeil (Paris, 1891-1897) par Lucien Falize, s’inspirant de la fable de Jean de La Fontaine Les Grenouilles qui demandent un roi, estimée 120 000 euros, lui a presque volé la vedette. Son prix s’est envolé à 288 250 euros. Mais la plus belle bataille d’enchères a opposé plusieurs Russes qui convoitaient un service à thé russe en vermeil par Nicholls & Plincke (Saint-Pétersbourg, 1872-1873), estimé 15 000 euros. Le vainqueur l’a emporté pour 156 250 euros. Quelques collectionneurs européens ont jeté leur dévolu sur une fontaine à thé en vermeil par Martin-Guillaume Biennais (Paris, 1819-1821), estimée 50 000 euros, et partie à 138 250 euros. « Si le nom de Biennais fait vendre, le côté « vermeil » et les armes du prince d’Arenberg ont attiré les amateurs », commente l’expert. Pourtant, un nécessaire à voyage en vermeil par Biennais (Paris, 1809-1819), estimé 90 000 euros, est resté invendu à 65 000 euros. « L’estimation était trop gourmande, avoue Thierry de Lachaise. Mais nous l’avons vendu le lendemain en after-sale ». La vente a aussi témoigné du succès des collections de boîtes : une tabatière en or et émail par Jean-Joseph Barrière (Paris, 1771) a, par exemple, été acquise au double de son estimation, pour 228 250 euros, par un marchand. Notons enfin la préemption par le Château de Versailles du bâton de maître d’hôtel en cuivre doré (vers 1670) aux armes de la reine Marie-Thérèse et de son maître d’hôtel Jacques-Antoine de Robec, Baron de Palières, pour 9 850 euros.

Orfèvrerie

- Expert : Thierry de Lachaise
- Résultats : 3,55 millions d’euros
- Nombre de lots vendus/invendus : 129/22
- Lots vendus : 85,4 %
- Nombre de préemptions : 1

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°280 du 25 avril 2008, avec le titre suivant : Coupe sur mesure

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