Samedi 22 septembre 2018

Tajan

Coup de cœur

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 27 mai 2005 - 509 mots

Bonne tenue pour l’orientalisme.

 PARIS - L’orientalisme a battu son plein le 11 mai chez Tajan à l’occasion d’une importante vacation
dirigée par Jacques Tajan. 71 % des lots ont trouvé preneur et près de 4 millions d’euros ont été
atteints, soit 90 % du montant estimé de la vente. De nombreux acheteurs s’étaient déplacés pour l’occasion. Quelques observateurs sont également venus jauger de la bonne tenue du marché de la peinture orientaliste, à commencer par le commissaire-priseur Henri Gros, qui officie dans la spécialité à Drouot depuis plus de vingt ans. Il était accompagné de son expert Frédérick Chanoît : « Les tableaux étaient d’une qualité exceptionnelle, ce qui a justifié notre intérêt pour la vente.» Une grande toile spectaculaire de Girardet, Procession nuptiale dans le Sud algérien, estimée 130 000 euros, a été préemptée pour 212 410 euros par le futur Musée national des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée de Marseille (Mucem). Deux records ont par ailleurs été enregistrés.
Le premier a récompensé une huile sur toile d’Étienne Dinet, Baigneuses dans l’oued, le massage, qui s’est envolée à 303 890 euros, trois fois son estimation haute.
Le second revient à un tableau remarquable de Marie Lucas-Robiquet décrivant une scène de fileuses dans le Sud algérien, Intérieur à Beni-Ounif, lequel a attiré l’attention des collectionneurs jusqu’à son adjudication éclatante de 308 900 euros. Il venait d’une grande collection particulière, dont une vingtaine de toiles mises aux enchères constituaient l’intérêt de la vacation. Et, surtout, il témoigne de l’envolée du marché car il avait été acquis aux enchères à Drouot par le collectionneur pour 60 000 euros le 11 juin 1997 (SVV Gros-Delettrez). Plusieurs autres toiles du même ensemble ont réalisé des prix mémorables. Notamment La Trésorerie (Beit El-Mâl) à Tanger du peintre belge, qui avait été estimée 15 000-20 000 euros, est partie à 99 450 euros. La toile très attendue Les Voisines, terrasses d’Alger, considérée comme le chef-d’œuvre de Bridgman, a été emportée pour 296 810 euros à partir d’une estimation basse de 100 000 euros. Elle avait été acquise par son propriétaire pour 195 000 dollars chez Christie’s à New York le 14 février 1996. Belle performance également pour la toile des Baigneuses de Jean-Léon Gérôme, adjugée au-dessus de son estimation pour 393 550 euros : elle avait aussi été achetée 245 000 livres sterling (340 785 euros) dans une vacation londonienne de Christie’s le 21 mars 1997. Pour Dispute d’Arabes du même artiste, les enchères sont montées à 224 250 euros, soit 50 000 euros de plus que l’estimation haute. L’Odalisque au tambourin à Haïfa de Léon Comerre, fermement défendue jusqu’à 200 060 euros, n’a en revanche pas égalé son prix de 205 000 livres (285 150 euros) atteint chez Christie’s à Londres le 21 mars 1997. Peut-être le collectionneur l’avait-il surpayée ? L’orientalisme est un domaine où les achats coup de cœur vont bon train. La vente des tableaux de cette collection, cédés à bon prix et avec des plus-values significatives, prouve que la belle peinture de ce marché se valorise bien.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°216 du 27 mai 2005, avec le titre suivant : Coup de cœur

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