Jeudi 19 septembre 2019

C’est la rentrée !

Par Roxana Azimi · Le Journal des Arts

Le 7 septembre 2010 - 507 mots

Alors que les marchands entament leur rentrée après la trêve estivale, tous ont une question en tête : que réservera l’automne ?

Les marchés financiers ont donné quelques signes encourageants. Quatre banques françaises ont passé avec succès les tests de résistance, éprouvant leur solidité financière en cas de choc souverain. Mais nombre d’économistes contestent la sévérité de cette épreuve, et redoutent un double dip, c’est-à-dire une rechute encore plus profonde après une brève accalmie. Côté art, Christie’s et Sotheby’s ont annoncé des embardées respectivement de 46 % et 116 % au premier semestre 2010 par rapport à l’an dernier. Sur ce plan, la France se maintient bon an mal an, sans brio, malgré les progressions relevées chez les deux auctioneers. Dans certaines spécialités, les ventes publiques continuent de rogner le terrain des galeries. Faute de vendre directement leurs objets, quelques marchands d’art primitif s’en sont délestés à l’encan. Ainsi le 16 juin, Sotheby’s a cédé un masque Dan pour 60 750 euros. Lors du Parcours des mondes (lire p. 41), en 2009, une galeriste avait vainement proposé cette pièce autour de 25 000 euros… 

Chaises musicales
Pour leur part, les galeries parisiennes d’art contemporain paraissent confiantes, vu les agrandissements, déménagements ou ouvertures prévus. Emmanuel Perrotin inaugure, le 11 septembre, un nouvel espace au premier étage de sa galerie, portant sa surface totale à 1 600 mètres carrés. De son côté, Thaddaeus Ropac occupera, cet automne, un second espace rue Debelleyme (3e arr.) en face de sa galerie actuelle. Chantal Crousel et son fils Niklas Svennung ouvriront, en octobre, un large plateau de 700 mètres carrés dans un bâtiment industriel, au 11, rue Léon-Jouhaux (10e arr.). Le même mois, le collectionneur Steve Rosenblum lancera son espace au 183, rue du Chevaleret (13e arr.). Ce quartier n’a d’ailleurs pas dit son dernier mot alors qu’on le pensait moribond. Après les départs successifs d’In Situ, Kreo, Tarasieve, Art : Concept, Jousse et Praz-Delavallade, la rue Louise-Weiss (13e arr.) semblait morte et enterrée. Dernière saignée en date, gb agency inaugure, le 18 septembre, son espace au 18, rue des Quatre-Fils (3e arr.). Mais, dans le même temps, le Centre national de l’édition et de l’art imprimé, situé actuellement à Chatou (Yvelines), devrait reprendre en fin d’année l’ancien local de gb agency. La galerie Triple V quitte Dijon (Côte-d’Or) pour s’installer en septembre dans le précédent espace dédié à l’art contemporain de Jousse. Son ancien espace « Design » devrait être repris par le libraire Christophe Daviet-Thery. De son côté, l’inamovible Air de Paris s’agrandit grâce au départ de Praz-Delavallade. Bref, une nouvelle configuration se dessine. Néanmoins, malgré ce remue-ménage, personne n’affiche un optimisme béat. Certains observateurs redoutent que la traque aux niches fiscales lancée par l’Élysée s’étende au mécénat. « La rentrée va être dure. La France n’a pas encore trop pâti de la crise, mais elle va commencer à la sentir », s’inquiète le galeriste parisien Jérôme de Noirmont. Celui-ci n’en prend pas moins le pari d’organiser, du 16 septembre au 20 novembre, une exposition du très coûteux Jeff Koons.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°330 du 10 septembre 2010, avec le titre suivant : C’est la rentrée !

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