César à saisir

Quarante et une pièces de la succession sur le marché

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 27 juin 2003

Le 1er juillet à l’hôtel Dassault, une quarantaine d’œuvres du sculpteur César seront proposées au public. Cette vente intervient dans le cadre judiciaire de la succession toujours non réglée de l’artiste – décédé fin 1998. Aucun chef-d’œuvre au programme mais un intéressant panorama de pièces à saisir sans prix de réserve.

PARIS - Quarante et une œuvres de César seront proposées le 1er juillet à l’hôtel Dassault sous le marteau de Francis Briest, qui revêt pour l’occasion la casquette de commissaire-priseur judiciaire. Car la vente émane d’une décision de justice. La succession oppose la famille du sculpteur à sa dernière compagne. Les problèmes d’héritage sont le lot de nombre de grands artistes, à l’exemple de la succession Giacometti, autre affaire bien connue. Mais, depuis cinq ans que le litige dure, il faut veiller à la conservation de la succession César, ce qui induit d’importants frais de stockage. C’est pourquoi la dispersion d’une partie de l’atelier s’est imposée aux yeux de l’administrateur judiciaire en charge du fonds, qui a procédé à un choix judiciaire avisé pour ne pas amoindrir la succession : puiser dans l’ensemble du champ de la création de l’artiste, des autoportraits aux hommages à Morandi en passant par les statuaires, les poules patineuses, les compressions et les expansions. “Il s’agit d’un petit ensemble cohérent et authentique puisque issu de la succession”, rapporte Francis Briest. La plupart des tirages cédés sont tardifs, les pièces proposées ne sont donc pas les plus recherchées, mais la pénurie d’œuvres de César sur le marché – le problème de la succession bloquant toute transaction de cette provenance depuis 1998 – devrait attirer collectionneurs et marchands. Qui dit vente judiciaire, dit vente sans prix de réserve. Jusqu’à combien le marché est-il prêt à monter ? Les paris sont ouverts pour des pièces emblématiques tels : la Victoire de Villetaneuse de 1965 (n° EA 3/3), issue d’une série de nus en bronze soudé réalisée à partir de 1954 et estimée 80 000-120 000 euros ; quatre poules patineuses aux allures dégingandées, estimées entre 25 000 et 70 000 euros pièce, ou le Buste aux jambes fines de 1959 (n° 8/8), fondu après 1987 et estimé 20 000-30 000 euros. Les compressions, qui ont fortement marqué la carrière de l’artiste, sont ici au nombre d’une dizaine, à commencer par une Compression de mobylette de 1970 annoncée pour 15 000-20 000 euros. Les amateurs d’expansions devront se battre pour acquérir l’unique pièce de la vacation : l’Expansion murale n° 7 de 1974, évaluée autour de 30 000 euros. Une série de plaques complète l’inventaire, la plus monumentale étant une Grande plaque à ailettes de 1965 de 300 x 198 x 118 cm, estimée 60 000-80 000 euros.

César

Vente sur décision de justice le 1er juillet, commissaire-priseur judiciaire : Francis Briest, hôtel Dassault, 7 rond-point des Champs-Élysées, 75008 Paris, tél. 01 42 99 20 07, www.artcurial.auction.fr. Exposition : les 27, 28 et 29 juin 11h-20h et le 30 juin 11h-15h.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°174 du 27 juin 2003, avec le titre suivant : César à saisir

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