Samedi 7 décembre 2019

Bruxelles

Bruneaf en fête

Succès pour la conviviale foire bruxelloise d’arts premiers

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 21 juin 2011 - 559 mots

BRUXELLES - Aidée par un temps clément propice à la promenade, la 21e édition de Bruneaf (Brussels Non European Art Fair) a connu, du 8 au 12 juin à Bruxelles, un important flux de visiteurs européens dans les soixante galeries du parcours dédié aux arts premiers.

Son ambiance conviviale, la qualité des objets présentés et des prix très accessibles font toujours sa réputation. Une bonne dizaine de marchands français sont venus autant pour exposer que pour chiner sur le stand de confrères belges quelques pièces qu’ils exposeront ensuite au Parcours des mondes, à Paris. Le grand marchand parisien Bernard Dulon avoue avoir acheté sur place « deux ou trois objets », en vue de la Biennale des antiquaires 2012. Il présentait de son côté un superbe masque Punu exposé l’an dernier au Musée du quai Branly, à Paris, lors de l’exposition « Fleuve Congo », ainsi qu’un exceptionnel fétiche à clous Yombe du Congo photographié en 1910 dans la collection Émil Maetzel, et datant du XIXe siècle. De tels objets à budget important ( de 100 000 euros) partent rarement le premier jour. À quelques exceptions près, à l’instar d’une grande statue d’ancêtre pré-Bembé du Congo, provenant de la collection Nicolas de Kun, emportée par un amateur français chez le Belge Didier Claes. Ou d’une rarissime statue Jukun du XVIIIe siècle, provenant d’un petit royaume du Nigeria de la vallée de la Bénoué à laquelle le Quai Branly consacrera une exposition fin 2012. « J’aurais pu vendre la pièce Jukun quatre fois », lance le Bruxellois Pierre Dartevelle. 

Connaissance des amateurs
Les objets dont le prix était inférieur à 50 000 euros ont été emportés rapidement, tels des masques du Népal chez Alain Bovis (Paris) ; un appui-nuque zoomorphe Tsonga du Mozambique chez Lucas Ratton (Puces de Saint-Ouen), ou encore une tête en bois sculptée symbolisant un crâne des Iatmul de Papouasie-Nouvelle-Guinée chez Yann Ferrandin (Paris). La très belle exposition du Parisien Renaud Vanuxem, qui avait fait des efforts remarqués de scénographie, lui a permis de céder un rarissime crâne des îles Andaman du golfe du Bengale ; une paire d’oiseaux Lobi du Burkina Faso ; un rare cimier Ciwara du Mali et un très beau masque Dan de Côte d’Ivoire d’un type similaire à celui de la collection Hotz, vendu le 14 juin chez Christie’s à Paris.

Cette année, le lancement de Bruneaf était synchronisé avec celui des galeries d’art d’Extrême-Orient de la Boaf (Brussels Oriental Art Fair) et de la Baaf (Brussels Ancient Art Fair), ce qui donnait une dynamique supplémentaire à la place centrale du Grand Sablon, carrefour des trois parcours à la clientèle relativement différente. Pour le Parisien David Ghezelbash, spécialiste de l’archéologie gréco-romaine et du Proche-Orient, « Baaf est un salon humainement agréable où l’on rencontre des amateurs qui n’ont pas forcément de gros moyens, mais une connaissance pointue des objets d’art, ce qui est appréciable ». L’antiquaire a vendu nombre d’objets, dont une jolie idole en bronze du Luristan (v. 1 000 av. J.-C.) à 48 000 euros. La galerie londonienne Arteas a vu partir très tôt une rare petite coupe égyptienne en faïence bleue de la XVIIIe dynastie, pour 100 000 euros. Quelques exposants ont cependant regretté que la Baaf se tienne en même temps que les grandes ventes spécialisées de New York, ce qui a empêché la venue de conservateurs américains. 

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°350 du 24 juin 2011, avec le titre suivant : Bruneaf en fête

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