Vendredi 28 février 2020

Blondeel-Déroyan, un lien se tisse

Les deux marchands ouvrent une galerie à Paris

Le Journal des Arts

Le 1 mai 1996 - 450 mots

Bernard Blondeel, le spécialiste belge de la tapisserie ancienne, s’installe à Paris avec son confrère français Armand Déroyan, dans l’ancienne galerie d’objets d’art haute époque de Brimo de Laroussilhe, 11 rue de Lille. L’ouverture de la galerie Blondeel-Déroyan est prévue pour le 28 mai.

PARIS - Établi comme marchand dans sa ville natale d’Anvers depuis 1972, lorsqu’il a pris la succession de sa mère dans la galerie d’antiquités fondée dix ans plus tôt, Bernard Blondeel, 45 ans, s’est spécialisé dans la tapisserie ancienne. Sa propre collection, qui regroupe une centaine de pièces couvrant aussi bien la période gothique que la Renaissance flamande et française et le XVIIIe siècle, est la plus importante au monde à se trouver en mains privées. Malgré tout son charme, la ville d’Anvers, de l’aveu même de Bernard Blondeel, est "plutôt excentrée par rapport aux grands pôles du marché de l’art."

Un stand commun à la Biennale
Marseillais d’origine, fils et petit-fils de restaurateurs et de marchands de tapis arméniens, lui-même marchand depuis trente ans, Armand Déroyan, 48 ans, s’est installé au 13 rue Drouot voici quatre ans. Il dote sa collaboration avec Bernard Blondeel d’un stock de soixante-dix tapisseries de très grande qualité. Le projet d’association des deux marchands, qui tiendront cette année un stand commun à la Biennale des antiquaires, remonte à deux ans.

"Moi, j’adore chiner et voyager pour faire des achats, tandis Bernard est plus à l’aise dans l’aspect mondain de cette profession," déclare Armand Déroyan. "Nous nous complétons bien."

Une première tentative d’installation au faubourg Saint-Honoré ayant échoué en raison de l’opposition d’un marchand d’antiquités voisin, les deux confrères ont récemment saisi l’occasion de reprendre, rue de Lille, l’ancienne galerie Brimo de Laroussilhe, le spécialiste en objets d’art haute époque parti s’installer quai Voltaire.

L’un des grands avantages de la nouvelle galerie, qui devrait ouvrir le 28 mai – pour le premier jour du Carré Rive Gauche –, est sa hauteur sous plafond de 3,70 m, très rare dans le quartier, qui permettra d’accrocher des tapisseries de taille importante, nous a expliqué Armand Déroyan. Également non négligeables, un loyer plus accessible qu’au faubourg Saint-Honoré et la présence dans le Carré Rive Gauche d’une clientèle de connaisseurs.

Bernard Blondeel – qui garde sa galerie de la Schuttershofstraat à Anvers, tout comme Armand Déroyan conserve la sienne, rue Drouot, consacrée désormais aux seuls tapis – proposera également à la vente, rue de Lille, des objets haute époque. Autre aspect de la nouvelle galerie, la collection d’objets archéologiques riche de plusieurs centaines de pièces que Bernard Blondeel a constituée depuis quelques années grâce à la collaboration de l’archéologue bruxelloise Colette Verlinden, et qui a fait de lui le premier marchand belge d’objets de haute Antiquité.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°25 du 1 mai 1996, avec le titre suivant : Blondeel-Déroyan, un lien se tisse

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