Vendredi 14 décembre 2018

Passion collection

Bijoux archéologiques à petits prix

Le Journal des Arts

Le 16 avril 2004 - 479 mots

La coquetterie est vieille comme le monde. Les premières représentations dans la pierre de l’espèce humaine en témoignent. Les statues-menhirs, qui datent de 3 500 ans avant notre ère, portent autour du cou, soit des colliers à plusieurs rangs pour les dames, soit des pendentifs pour les hommes. Les divinités égyptiennes figurant sur des sarcophages de plus de 2 000 ans avant J.-C. portent souvent des colliers et des bracelets à rangs multiples. Les plus anciens bijoux découverts en Gaule, les grands colliers en bronze appelés « torques », remontent à 500 ou 600 ans avant notre ère. On trouve aussi à l’époque celtique des anneaux d’or et des fibules, ces broches à épingle qui servaient à maintenir les vêtements sur l’épaule.
L’or est le métal de prédilection des orfèvres qui, pour en rehausser l’éclat, l’utilisaient comme support de pierres semi-précieuses (agate, améthyste, cornaline, lapis-lazuli, onyx, turquoise). Les intailles sont les pierres gravées en creux ; les camées présentent des profils sculptés en léger relief ou des petits personnages. De l’Égypte à la Mésopotamie, le monde méditerranéen et le Moyen-Orient offrent toute la panoplie des bijoux exhumés depuis plusieurs dizaines de siècles : colliers, diadèmes, bracelets, anneaux de cheville, bagues et boucles d’oreilles. Les grands bouleversements historiques et les pillages les ont fait sortir des tombes. Aujourd’hui commercialisés, ils sont si abondants sur le marché que leurs prix paraissent modestes par rapport aux parures modernes.
Deux ventes d’archéologie comportant de nombreux bijoux ont eu lieu à l’hôtel Drouot, le 26 mars. À titre d’exemple : chez Me Tajan, une bague ornée d’une intaille représentant Vénus, IIe siècle ap. J.-C., s’est vendue 1 400 euros ; chez Me Boisgirard, dont les bijoux provenaient d’une grande collection, les estimations ont souvent été dépassées : 2 800 euros pour un bracelet plat en or à double enroulement, art hellénistique, IV-IIIe siècle av. J.-C., 2 100 euros pour une feuille d’or repoussée représentant une déesse, art étrusque, Ve av. J.-C. (11,8 cm). Citons encore, enlevé à 2 400 euros, un collier égyptien (longueur : 40 cm) composé de perles et de scarabées en faïence vert et rouge.
Des lots de moindre importance, bagues en or, bracelets et boucles d’oreille, et autres bijoux d’époques hellénistique ou romaine ont été adjugés dans les fourchettes d’estimation, de 600 à 2 000 euros. On constate que les écarts tendent à se creuser entre les bijoux courants et les pièces les plus précieuses. Ces dernières sont assurées pour l’avenir des meilleures chances de valorisation.

Experts spécialisés en archéologie :

- Annie Kevorkian, 21, quai Malaquais, 75006 Paris, 01 42 60 72 91 ; - Daniel Lebeurrier, 9, rue de Verneuil, 75007 Paris, tél 01 42 61 37 66 ; - Jean-Philippe Mariaud de Serres, 15, rue Bonaparte, 75006 Paris, tél. 01 43 25 78 27 ; - Chakib Slitine, 25, rue Bergère, 75009 Paris, tél. 01 42 47 17 52.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°191 du 16 avril 2004, avec le titre suivant : Bijoux archéologiques à petits prix

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