Au bon goût anglais

La Grosvenor House Fair réunit 90 marchands

Le Journal des Arts

Le 11 juillet 2008

Juin est un mois faste pour le marché de l’art britannique, avec une demi-douzaine de foires à Londres. Le rendez-vous le plus important est la Grosvenor House Art & Antiques Fair qui réunira, du 9 au 15 juin, 90 marchands, londoniens pour la plupart.

LONDRES (de notre correspondante) - Bien que la Grosvenor House Art and Antiques Fair soit officiellement un événement international, la majorité des exposants sont britanniques et nombre d’entre eux y exposent depuis des années. Les marchands sont particulièrement engagés dans cette manifestation qui constitue le fer de lance du marché londonien. Si Londres veut effectivement conserver son rôle de principal pôle du marché de l’art, elle ne peut se passer d’une foire majeure, et Grosvenor House peut parfaitement remplir ce rôle. Bien qu’elle ne puisse entrer en compétition avec les grandes foires internationales comme Maastricht, la Biennale de Paris ou Palm Beach, rares sont les manifestations à même de proposer des objets d’une telle qualité malgré une faible participation étrangère. Parmi les onze marchands non britanniques figurent plusieurs Américains, un Portugais, un Suisse, un Hollandais, un Allemand, et le Français Patrick Perrin, qui, face à une certaine stagnation du marché français, s’efforce de rencontrer, à l’occasion des foires et des salons de qualité, des collectionneurs internationaux pour compléter sa clientèle. Malgré les critiques dirigées contre Grosvenor House, réputée trop centrée sur le mobilier anglais sans évoluer avec le temps, les marchands reviennent chaque année et concluent de bonnes affaires. Cette année encore, 90 exposants seront installés sur les deux étages de la salle de bal de Grosvenor House. À côté des beaux-arts et du mobilier européen, on trouvera des spécialistes réputés dans les domaines des livres et manuscrits, des tapis, des textiles, des montres et des instruments scientifiques, des objets d’art oriental, de l’orfèvrerie et de la bijouterie. Les Waddington Galleries proposeront des œuvres de Barry Flanagan et Craigie Aitcheson, mais également de Picasso, Matisse et Henry Moore. Cette année, David Morris rivalisera avec les autres exposants de bijoux anciens en présentant des pièces contemporaines.

Le retour de Colnaghi
Michael Goedhuis exposera des peintures chinoises contemporaines, ainsi que – grande nouveauté – du mobilier contemporain dessiné par Spencer Fung, originaire de Hong Kong, tandis que Grace Wu Bruce restera dans le classicisme avec du mobilier de l’époque Ming. La foire élargit cependant sa couverture historique avec la participation de Charles Ede Ltd, premier marchand d’antiquités à y exposer en vingt ans. “Il s’agit, selon James Ede, de l’une des trois foires les plus importantes du monde. Ses points forts sont le mobilier et les objets d’art du XVIIIe siècle, les antiquités venant en seconde position. Le marché britannique des antiquités est en train de se développer, d’où ma décision de participer à la foire”. Les spécialistes des sculptures de jardin, Sweerts de Landas, seront eux aussi présents pour la première fois.

Après une période de repli, Colnaghi revient renforcer la section de peintures anciennes. Du côté des maîtres hollandais, Johnny van Haeften présentera une œuvre d’Hobbema, Moulin dans un paysage, l’une des meilleures actuellement sur le marché. Peter Nahum proposera des peintures impressionnistes, dont une Vue du pont de Charing Cross par Monet. Pour le XVIIIe siècle, le collectionneur pourra choisir entre un secrétaire en acajou marqueté chez Jeremy, une paire de fauteuils Régence avec l’extrémité des accoudoirs en forme de tête de lion chez Apter-Fredericks, ou encore, chez Norman Adams, un secrétaire cabinet en érable teinté de l’époque Queen Anne réalisé par John Coxed.

En juin à Londres

L’Olympia Fine Art and Antiques Fair, quatre fois plus importante que Grosvenor House en termes de participation, accueille, du 3 au 13 juin, 400 exposants, dont 10 % d’étrangers. Cet événement marathon couvre tous les domaines, des antiquités aux jouets anciens en passant par le mobilier et la peinture. L’Antiquarian Book Fair, du 3 au 5 juin, véritable rendez-vous international avec ses 157 exposants, demeure un must pour les bibliophiles. L’International Ceramics Fair, du 11 au 14 juin, qui comprend surtout des céramiques anglaises et orientales, est sans conteste la plus importante manifestation mondiale dans ce domaine. Quelques grands spécialistes comme John Eskenazi et l’Autrichien Adil Bessim participeront à la seconde édition de la Hali Antique and Carpet Textile Art Fair, du 10 au 14 juin. artLONDON, qui ouvre cette année avec l’ambition de devenir une vraie foire d’art contemporain internationale, rassemblera 25 marchands du 16 au 20 juin.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°84 du 28 mai 1999, avec le titre suivant : Au bon goût anglais

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