Atout : éclectisme

Le \"Pavillon\" se diversifie encore

Par Éric Tariant · Le Journal des Arts

Le 18 février 2000

L’éclectisme sera, cette année encore, un des atouts du Pavillon des Antiquaires et des Beaux-Arts. Cette troisième édition se tiendra du 25 février au 5 mars à l’Espace Eiffel Branly et réunira 80 marchands. Plusieurs nouvelles spécialités font leur apparition, dont l’art d’Extrême-Orient, la numismatique et les armes anciennes.

PARIS - Chose promise, chose due. Le millésime 2000 du Pavillon des Antiquaires et des Beaux-Arts sera, comme l’avait annoncé l’an dernier Patrick Perrin, coorganisateur de la manifestation aux côtés de Stéphane Custot, à la fois plus grand et plus éclectique. Il s’agrandit de 1 200 m2 lui permettant d’accueillir vingt nouveaux marchands, ce qui porte l’effectif total à quatre-vingts exposants. De nouvelles spécialités font leur apparition : l’art d’Extrême-Orient, la tapisserie, les armes, la numismatique et les bijoux. Un handicap cependant, la quasi-absence de grands marchands étrangers (quatre cette année, contre six en 1999). Leur désintérêt pour le salon pourrait en partie s’expliquer par la tenue, quelques jours plus tard, de Tefaf Maastricht.

Le mobilier du XXe siècle reste un des points forts du Pavillon, qui rassemble quelques-uns de ses meilleurs spécialistes. Sur le stand d’Anne-Sophie Duval, les amateurs d’Art déco découvriront une série de chaises de Pierre Chareau qui ne sont jamais passées sur le marché. Et les collectionneurs de meubles des années quarante et cinquante seront encore plus gâtés en raison du nombre et de la qualité des pièces présentées.

Royère encore
Quelques jours avant la vente monographique que lui consacre l’étude Millon, L’Arc en Seine exposera un ensemble de Jean Royère créé pour la famille de l’architecte Nadim Majdalani – il a travaillé avec lui à Beyrouth –, comprenant un grand salon composé de trois fauteuils, d’une paire de guéridons, d’une console et d’un pouf rond. Royère figurera aussi en bonne place sur le stand de Jean-Louis Danant, avec un salon éléphanteau (un canapé, deux fauteuils, un meuble d’appui-commode, des tables gigognes et un chandelier). Ses créations voisineront avec un bureau en acajou blond, une paire de consoles du même bois et quatre fauteuils de Jules Leleu, tous de 1952, mais aussi avec un meuble de rangement en placage damier en Formica rouge de Maxime Old. Pour sa part, Alexandre Biaggi proposera des commode de Jacques Quinet et d’André Arbus, ainsi qu’une série de sièges de Marc du Plantier.

Le mobilier classique ne sera pas pour autant négligé. Il sera à l’honneur sur plusieurs stands, notamment chez Anne-Marie Monin qui a sélectionné un siège de bureau en bois laqué pivotant, époque Louis XVI, et un canapé à châssis estampillé Bauve. Gérald de Montleau s’est intéressé à une table console en bois sculpté et doré entièrement démontable, époque Louis XIV, et à une commode à double ressaut, époque Transition Louis XV-Louis XVI, estampillée Boudin. Marc Perpitch, spécialiste du mobilier et des objets Haute époque, montrera deux sculptures des années 1550 – des enfants agenouillés portant un pique-cierge en bois sculpté polychrome – ainsi qu’une petite table basse en marqueterie d’ébène et d’ivoire (Venise, XVIe siècle) qui a conservé ses ferrures d’origine.
L’Extrême-Orient est défendu par trois galeries, dont celle de Jacques Barrère, spécialisée dans les objets de la Chine et du Japon, qui a choisi un ensemble composé de deux chevaux et de deux grooms en terre cuite blanche de la dynastie Tang (618-907 après J.-C.), et un Luohan assis (moine disciple de Bouddha) en pleine méditation de la dynastie Ming, datant de 1480.

Comme les années précédentes, des expositions thématiques seront organisées par plusieurs marchands, qui mettront en vedette des peintres modernes, tels Jean Dubuffet (20 œuvres sur le stand de la galerie Hopkins-Thomas-Custot), André Masson (10 huiles et 30 dessins présentés par la galerie Cazeau, de la Béraudière) ou Jacques Villon (40 œuvres chez Louis Carré). De Marcel Gromaire, on verra à la Galerie de la Présidence quelques huiles et dessins de paysages, deux dessins de nus au fusain et un ensemble de cinq études à l’aquarelle réalisées pour une commande de cinq panneaux destinés à l’inauguration du Palais de la découverte, en 1937. Le Pavillon des Antiquaires et des Beaux-Arts célèbre le passage vers le troisième millénaire avec l’exposition “Deux mille ans de sièges”, qui permettra de découvrir une cinquantaine de pièces, des plus primitives aux plus sophistiquées (lire le JdA n° 98).

- PAVILLON DES ANTIQUAIRES ET DES BEAUX-ARTS, 25 février-5 mars, Espace Eiffel Branly, 29-55 quai Branly, 75007 Paris, tél. 01 53 30 85 20, en semaine 12h-21h, samedi et dimanche 11h-19h.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°99 du 18 février 2000, avec le titre suivant : Atout : éclectisme

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