Lundi 16 septembre 2019

Grand Palais

Art Paris se recentre

Par Roxana Azimi · Le Journal des Arts

Le 15 mars 2011 - 726 mots

La foire d’art moderne et contemporain, organisée du 31 mars au 3 avril, revient à des formules plus éprouvées tel le « solo show ».

PARIS - Prometteur, le dernier cru d’Art Paris avait fortement déçu. Remplacée cette année par l’exclamation « Just Art ! », la formule « Art Paris Guest », associant une galerie et un invité de son choix, avait donné lieu en 2010 à des mariages malheureux. Les organisateurs semblent vouloir rectifier le tir en mettant en sourdine la notion de « guest » au profit de celle plus traditionnelle de « solo show ». Ilan Engel (Paris) montre ainsi les photographies poétiques de forêt de Stephan Crasneanscki. Après l’hommage à Supports-Surfaces rendu en octobre dernier sur la Foire internationale d’art contemporain (FIAC), Bernard Ceysson (Paris) zoome sur Claude Viallat et Louis Cane. La galerie Lara Vincy (Paris) donne la parole à Ben, lequel déploie sa verve autour des thèmes du sexe, de l’amour et de la magie. Après l’exposition monographique d’Hervé di Rosa organisé la semaine précédente sur le salon Drawing Now Paris (lire p. 18), la AD Galerie (Béziers) enfonce le clou en montrant cette fois les toiles de l’artiste. « Pour fêter les 30 ans de la Figuration libre, il fallait frapper fort », estime David Garcia, codirecteur de la galerie.

Certains participants souscrivent toutefois à nouveau au concept du « Guest ». Ainsi Chancery Lane (Hongkong) s’associe à la marque de joaillerie Swarovski. De son côté, Oniris (Rennes) a convié l’architecte Odile Decq à aménager son stand aux murs noirs autour des œuvres de François Morellet (lire p. 10), des toiles de Vera Molnar et des aciers Corten de Norman Dilworth. Analix Forever (Genève) a invité l’historien de l’art Paul Ardenne à lui concevoir une exposition sur la « Réalité revisitée », avec des pièces de Mounir Fatmi, Ali Kazma et Joanna Malinowska. Le nombre de plateformes a aussi été réduit. Les exposants, qui l’an dernier avaient déboursé beaucoup d’argent pour des stands, ont difficilement supporté que les participants des plateformes aient bénéficié de tarifs préférentiels et se soient accaparé l’essentiel des projecteurs. Cette année, une plateforme mêlant l’art tribal et la création urbaine indienne, sous la houlette d’Hervé Perdriolle, fera face au grand stand d’André Magnin (Paris) dédié à l’art africain contemporain. 

Stopper l’érosion
Pour rajeunir son image, Art Paris a concocté cette année l’opération « Nuits parisiennes », avec des expositions organisées entre le 1er et le 8e arrondissement, notamment à l’Espace culturel Louis Vuitton et à l’hôtel Le Meurice. La volonté est claire : toucher un public a priori peu intéressé par le salon. Sauf que l’on imagine mal une capillarité entre le contenu très classique de la foire et des événements annexes plus « arty ». « Le contenu traditionaliste d’Art Paris a connu une certaine érosion qu’il faut stopper, et pour cela, il faut s’ouvrir, se développer dans des directions contemporaines, et ne pas cibler une définition étroite de l’art », affirme Lorenzo Rudolf, directeur du salon. 

Par ailleurs, pour renouveler son audience, la foire doit réussir à attirer des jeunes galeries. Or son image et ses tarifs élevés ne l’aident pas. Pourtant arrivent cette année les Parisiens B.A.N.K., Sémiose ou Olivier Robert. « L’an dernier, j’ai vendu à une très grosse fondation américaine un Piero Gilardi historique. Certains pensent que je n’y suis pas à ma place, mais je dois absolument rencontrer des collectionneurs. Au-delà de toutes considérations, Art Paris, c’est quand même le Grand Palais au printemps », relève Benoît Porcher de la galerie Sémiose. Celui-ci montrera un Tapis-Nature de Gilardi. « J’ai besoin de visibilité, et je sais qu’il sera très dur d’entrer cette année à la FIAC avec la suppression de la Cour carrée », ajoute Olivier Robert, lequel prévoit un focus sur Élodie Lesourd. 

La foire accueille aussi cette année Hadrien de Montferrand (Pékin), venu avec les dessins de Guo Wei et de Wang Du. Néanmoins, pour qu’Art Paris engage sérieusement sa mue, il faudrait que les galeries parisiennes bénéficient de plus d’attention. « Il faut que Lorenzo travaille la matière parisienne, qu’il soit actif ici et soigne les professionnels qui s’y trouvent », insiste le galeriste Jean Brolly (Paris). 

ART PARIS

Directeur artistique : Lorenzo Rudolf

Nombre d’exposants : 107

Tarif des stands : 419 euros HT le mètre carré

Nombre de visiteurs en 2010 : 47 000

ART PARIS, 31 mars-3 avril, Grand Palais, avenue Winston-Churchill 75008 Paris, les 31 mars et 2 avril 11h-20h, le 1er avril 11h-22h, le 3 avril 11h-18h, www.artparis.fr

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°343 du 18 mars 2011, avec le titre suivant : Art Paris se recentre

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