Vendredi 14 décembre 2018

Salon

Art Paris donne le coup d’envoi du Grand Palais

Par Roxana Azimi · Le Journal des Arts

Le 3 mars 2006 - 772 mots

Forte de son ancrage dans le vaisseau amiral des Champs-Élysées, la foire a rallié de bonnes galeries modernes et contemporains classiques.

 PARIS - Le grand jour est arrivé. Pivot de la communication du ministère de la Culture, le Grand Palais accueillera le premier salon de la saison, Art Paris. Le déménagement de la foire du Carrousel du Louvre au vaisseau amiral des Champs-Élysées lui a valu un renouvellement de 50 % de ses exposants en un an. À l’arrivée déjà remarquée l’an dernier d’une belle escouade de modernes se grefferont de nouvelles bonnes recrues comme les parisiens Lelong, Templon, la Galerie de France ou Natalie Seroussi.

Anoblissement
Pour saluer ce nouveau démarrage, certains mettent les petits plats dans les grands. Un agrandissement de trois mètres de hauteur du Deviseur (1,2 million d’euros) de Jean Dubuffet annoncera dès le parvis le cycle de l’« Hourloupe » à l’honneur chez Jeanne Bucher (Paris). La galerie présentera aussi l’original de 1969 de cette sculpture, pour environ 500 000 euros. Vu l’audience encore franco-française de la manifestation, Lelong préfèrera à son arsenal onéreux de Miró les sculptures plus abordables de David Nash (10 000-80 000 euros). La sculpture, pour laquelle Art Paris organise un parcours sous les mezzanines, se déclinera aussi chez Lara Vincy (Paris), avec les ready-made de Raymond Hains, éléments en acier rouillé trouvés l’an dernier par l’artiste dans une fonderie. François Morellet sera sans doute l’un des créateurs les plus représentés aussi bien chez Catherine Issert (Saint-Paul-de-Vence, Alpes-Maritimes) ou Lélia Mordoch (Paris) que chez Jean Brolly (Paris). Les Paviot (Paris) dévoileront quant à eux une photo de Constantin Brancusi, Princesse X (30 000 euros), représentant une sculpture fort bien « dotée », qui fit scandale au Salon des Indépendants en 1920. On s’étonne en revanche que, malgré un stock très alléchant, la galerie Louis Carré & Cie (Paris) mette l’accent sur une douzaine de clichés de Yann Artus-Bertrand (10 000 euros), un photographe certes populaire mais non reconnu par ses pairs. Un choix d’autant plus étrange que la galerie ne présente habituellement jamais de photos ! Si la Foire internationale d’art contemporain (FIAC) a hébergé la dernière fournée du prix Marcel-Duchamp, Art Paris offrira l’occasion aux collectionneurs Daniel et Florence Guerlain de lancer leur nouveau prix du dessin contemporain le 15 mars. Doté de 15 000 euros, il sera décerné l’an prochain à un artiste français ou étranger entretenant un lien culturel privilégié avec la France.
En ouvrant le feu du Grand Palais, Art Paris en essuie toutefois les plâtres. La foire doit composer avec l’absence de chauffage, atténué par un vélum dressé au-dessus des stands, et des normes de sécurité draconiennes en matière, notamment, d’incendie. Le bâtiment étant une magnifique coquille vide, les organisateurs ont dû aménager un vestiaire et un restaurant, autant de nouvelles contraintes qui ont majoré son budget de 20 %. En dépit des aléas techniques, Art Paris se trouve anoblie par ses nouveaux quartiers. Un lustre toutefois menacé par le retour d’une partie de la FIAC au Grand Palais en octobre. « Obligatoirement, il y aura une incidence, mais nous avons un positionnement particulier, assure Henri Jobbé-Duval, directeur d’Art Paris. On commence à sentir une forme de lassitude. Se battre pour avoir les mêmes noms, avoir la même marchandise un peu partout, ce n’est pas intéressant. Il y a des acteurs qui ne sont pas au top niveau des transactions mondiales, mais qui font un travail de fond et que l’on ne retrouve pas sur tous les salons. » Certes, mais certaines galeries qui ont fait le pari du doublon avec la FIAC devront arbitrer entre les deux salons. Catherine Issert estime pour sa part qu’une double participation est nécessaire pour une galerie établie en province. En revanche, pour les exposants étrangers, le marché français n’est pas assez large pour justifier deux
visites annuelles dans la capitale. La nouvelle exposante Renée Ziegler (Zurich) avoue d’ailleurs compter peu de collectionneurs en France et travailler plutôt avec des marchands. Comme sa consœur Tanit (Munich), elle a répondu à l’appel du Grand Palais et non d’Art Paris en tant que tel. La nuance est de taille ! « Les galeries décideront en fonction du meilleur moment pour le meilleur business. Et ce sera peut-être plutôt mars qu’octobre, observe Henri Jobbé-Duval. Les grands clients organisent leurs voyages en Europe au printemps. Le format que l’on tient est bon. Qui dit moins d’exposants dit possibilité de faire plus d’affaires. » Plus que jamais, les participants d’Art Paris jugeront sur pièces en surveillant de près leurs compteurs.

ART PARIS

Du 16 au 20 mars, Grand Palais, avenue Winston-Chuchill, 75008 Paris, tlj 11h-20h (le 17 jusqu’à 22h), www.artparis.fr

ART PARIS

- Directeur : Henri Jobbé-Duval - Nombre d’exposants : 108 - Stands : 255 euros le m2 - Nombre de visiteurs en 2005 (au Carousel du Louvre) : 27 000

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°232 du 3 mars 2006, avec le titre suivant : Art Paris donne le coup d’envoi du Grand Palais

Tous les articles dans Marché

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque