Mercredi 24 octobre 2018

Armory Show : une vitalité accrue

Le Journal des Arts

Le 14 avril 2000 - 624 mots

L’édition 2000 de l’Armory Show, qui s’est tenue à New York du 25 au 28 février, a réuni quatre-vingt-quinze marchands parmi lesquels figuraient pour la première fois des galeries de Stockholm, São Paulo, Copenhague, Dublin et Rome. Les ventes ont été satisfaisantes, notamment chez les Français qui avaient fait le déplacement.

NEW YORK (de notre correspondant) - Si certaines galeries avaient mis l’accent sur la très jeune génération, comme la galerie Rhona Hoffman (Chicago), qui présentait notamment une jeune diplômée, Amy Myers, l’intérêt semble s’être particulièrement porté sur les œuvres datant des années soixante et soixante-dix. Ainsi, Pat Hearn a organisé une rétrospective consacrée à Joan Jonas et vendu trois tirages issus d’une édition de sept exemplaires de Mirror Piece 1, 1969, à 6 000 dollars (40 000 francs) l’unité. Mitchell Algus a cédé des vintages de Hans Breder datant de 1969-1973 et intitulés Body Sculpture, des images de sa compagne Ana Mendieta photographiée dans un miroir pour morceler son corps. Thomas Erben (New York) proposait également des photographies conceptuelles du debut des années soixante-dix signées Adrian Piper. “Nous avons des collectionneurs d’une qualité exceptionnelle, nous a-t-il déclaré. L’Arco, à Madrid, a accueilli 170 000 visiteurs, mais les collectionneurs n’étaient pas aussi aisés ni aussi raffinés qu’ici”. D’une manière générale, la photographie s’est extrêmement bien vendue.

“Nous profitons de la foire pour présenter de nouveaux artistes, comme Rika Noguchi, une Japonaise de vingt-huit ans, et pour annoncer notre collaboration, fraîchement conclue, avec Glenn Ligon”, a déclaré Lucien Terras (D’Amelio Terras). Et en effet, cette association avec le New-Yorkais Ligon est si récente qu’elle ne figure pas au catalogue de la manifestation. Lucien Terras : “Cette foire est si courte que les collectionneurs doivent prendre des décisions rapides. Le reste de l’année, c’est à nous qu’il revient de préparer le terrain. Les collectionneurs ne viennent pas ici pour découvrir de nouveaux artistes mais pour confirmer leur point de vue”, poursuivait-il. Marc Jancou ne partage pas cette opinion, convaincu que les collectionneurs restent à la recherche de nouveaux talents. Bonakdar Jancou (New York) a consacré chaque jour une exposition différente à l’un de ses jeunes artistes. “Je dois reconnaître que nous avons vendu plusieurs œuvres”, a discrètement ajouté Jancou. Maureen Paley (Interim Art, Londres) remarquait : “Il y a plus de vitalité que l’an dernier qui, de mon point de vue, était déjà un bon cru. Mes artistes ont réussi une percée. Ils ne sont plus perçus comme étant seulement des Britanniques. Le climat est réellement très favorable et les gens s’intéressent aux œuvres  nouvelles. Pour la première fois, les valeurs sûres – les artistes bénéficiant d’une plus grande reconnaissance – s’en sortent moins bien que de coutume”.

Les Français d’excellente humeur
De leur côté, les Australiens n’ont pas fait le trajet pour rien. En effet, Gitte Weise (Sydney) a vendu des œuvres à la Norton Family Foundation, qui a pour habitude d’acheter deux pièces d’un même artiste afin de pouvoir en offrir une à une institution publique. Tout semble véritablement aller pour le mieux. Les marchands parisiens étaient d’excellente humeur. En deux jours, Emmanuel Perrotin s’est séparé de plusieurs photographies de Maurizio Cattelan et d’une trentaine de Jean-Pierre Khazem. Almine Rech semblait également assez enthousiaste : “Il y des collectionneurs du monde entier et c’est une chance de pouvoir voir des artistes installés à New York”. Nathalie Obadia a cédé des œuvres de Pascal Pinaud à deux collectionneurs et reçu plusieurs propositions très intéressantes : “J’ai l’impression que le public est plus international que l’année dernière”, nous a-t-elle déclaré.

En fait, seule la galerie Schipper & Krome (Berlin) faisait grise mine. Elle a fait un fiasco retentissant avec les flocons de neige en verre de Carsten Höller. Pas une seule de ses œuvres n’a été vendue.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°103 du 14 avril 2000, avec le titre suivant : Armory Show : une vitalité accrue

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