Antibes, son port et son Salon d’antiquités

Quelque 60 000 visiteurs sont attendus du 7 au 23 avril pour la 29e édition de la manifestation

Le Journal des Arts

Le 30 mars 2001

Entre mer et vieille ville, port et remparts, le grand chapiteau du Salon d’antiquités brocante du Vieil Antibes accueillera, du 7 au 23 avril, pour sa 29e édition, professionnels, collectionneurs, amateurs et chineurs en quête de coups de cœur. De l’Antiquité à nos jours, les œuvres présentées par les 160 antiquaires, brocanteurs et galeristes offrent un large choix de qualité : des meubles XVIII e et Art déco aux poupées anciennes et aux livres rares, en passant par l’art africain, l’extrême-orient, l’orfèvrerie, les instruments scientifiques et les tableaux des XVII e et XVIII e siècles...

ANTIBES - La réputation et le succès du Salon d’Antibes n’est plus à faire ; bon an mal an il draine quelque 60 000 visiteurs. Une place particulière est réservée au mobilier, point fort de l’événement. Le XVIIIe siècle sera représenté par le cartonnier en vernis martin et amarante de style Louis XVI, sur l’espace de Jean-François Coulet (Paris). Estampillé de Pierre Garnier, maître ébéniste en 1742, ce meuble en deux parties distinctes et gracieuses, est orné sur les abattants du haut d’un décor de chinoiseries rouge et or sur fond noir. Xavier Pariente (Paris) exposera un secrétaire en marqueterie signé Topino, de la moitié du XVIIIe siècle (2 millions de francs), à côté de deux fauteuils en bois doré de Clément Bergez, et d’une table pliante anglaise d’époque George IV (XIXe siècle) qui a la particularité de se transformer en échiquier, une fois dépliée. Un peu plus loin, le fondateur et organisateur de la manifestation, Jean Gismondi, a sélectionné une belle paire de sièges à la reine en bois dorés et rechampis en bois de tilleul datant du XVIIIe siècle, sculptés de bourgeons dans un cartel rocaille ainsi qu’un exceptionnel panneau de marbres. Brocatelle de Sicile, vert de mer, rosso antico, onyx : tous ces beaux matériaux composent le décor en arabesques sur fond de marbre noir de Parangon de ce fragment de parement mural – d’une villa ou d’un bâtiment romains (probablement du Ier siècle) – qui fut restructuré à la fin du XVIe siècle pour devenir un dessus de table carré.

Quatre décennies d’Art déco chez Braunstein
Côté mobilier du XXe siècle, Alain Braunstein présentera un ensemble de meubles Art déco couvrant quatre décennies : 1910, avec un ensemble viennois de Joseph Hoffmann et un meuble bibliothèque de Francis Jourdain ; 1920, avec des ferronneries d’Edgar Brandt (de 100 à 200 000 francs) ; 1930, avec un grand meuble de collectionneur de Jean Pascaud en palissandre et galuchat (600 000 francs) ; enfin, les années 1940 avec un meuble d’appui d’André Arbus (400 000 francs). Les peintres hollandais du XVIIe siècle seront aussi à l’honneur sur les stands des galeries Parizot (La Chapelle-Rablais) et Hurtebize (Cannes). On remarquera chez Alain Parizot plusieurs paysages animés de petits personnages dus à Mathys Schoevaerdts, Daniel Vertangen ou Van Oosten (de 30 000 à 200 000 francs) mais aussi une huile sur cuivre, Le Christ chez Marthe, d’une école du Nord, réalisée d’après Bassano (80 000 francs). À côté de nombreuses natures mortes de Sant Acker, Roedig ou Ottmar Elliger, Dominique Hurtebize présentera un Repas champêtre de David Vinckboons et un Passage du gué de Balthazar Beschey. Spécialisée dans l’art russe, la galerie Saint-Honoré (Cannes) propose, quant à elle, des icônes du XVIIe au XIXe siècle entre 10 000 et 30 000 F. Bernadette Blaise (Cannes) a sélectionné quelques bijoux spectaculaires dont un collier turquoise de Saint-Laurent créé par Roger Scemama dans les années 1960, et une partie des bijoux fantaisie d’Elizabeth Taylor, réalisée dans les années 1980. Les amateurs d’art asiatique pourront se retrouver, entre autres, sur le stand d’Éric Pouillot (Marly). Enfin, Michel Dermigny (Paris) présentera des œuvres africaines dont un masque éléphant Izi en bois et pigments provenant du Nigeria.

- SALON D’ANTIQUITÉS BROCANTE DU VIEIL ANTIBES, du 7 au 23 avril, Port Vauban, 06600 Antibes, tél. 04 93 34 65 65, tlj de 10h30 à 19h30 (journée marchands le 6 avril de 8h à 19h), entrée 45 F, gratuit pour les moins de 12 ans.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°124 du 30 mars 2001, avec le titre suivant : Antibes, son port et son Salon d’antiquités

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