Samedi 21 septembre 2019

Art contemporain

American dream

Phillips de Pury a réalisé une vente historique de 117 millions de dollars grâce à Philippe Ségalot

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 17 novembre 2010 - 548 mots

NEW YORK - Le courtier en art Philippe Ségalot a été invité à monter une vente aux enchères pour le compte de la maison de ventes Phillips de Pury & Company, inaugurant à la fois une nouvelle série de vacations, intitulée « Carte blanche », et un nouvel espace à New York, situé sur 450 Park Avenue.

Pour créer la vente de ses rêves, il a joué de son carnet d’adresses et rassemblé trente-trois œuvres d’art d’après guerre et contemporain signées de quelques-uns de ses artistes favoris. Le 8 novembre, trente ont trouvé preneur pour 117 millions de dollars (84 millions d’euros), au-dessus des 106 millions de dollars d’estimation haute. C’est un résultat historique pour l’auctioneer dont la meilleure performance aux enchères n’excédait pas 59 millions de dollars, produit réalisé en une seule vacation, le 15 mai 2008 à New York. Avec un chiffre d’affaires à six chiffres, Phillips de Pury entre dans la cour des grands. 

7 records 
Au sommet du palmarès, un tableau monumental d’Andy Warhol inédit aux enchères, Men in Her Life (1962), venant de la famille Mugrabi, est parti à 63,3 millions de dollars, contre une estimation haute de 50 millions de dollars. C’est le deuxième meilleur prix pour l’artiste, derrière Green Car Crash (Green Burning Car I, 1963) adjugé 71,7 millions de dollars le 16 mai 2007 à New York chez Christie’s. Estimée 4 millions de dollars, Miss ko2 (1997), sculpture japonaise manga de Takashi Murakami, est la deuxième vedette de la soirée, emportée par Jose Mugrabi pour 6,8 millions de dollars, en présence de l’artiste. Sept records ont été enregistrés, notamment pour Felix Gonzalez-Torres avec « Untitled » (Portrait of Marcel Brient) (1992), installation vendue 4,5 millions de dollars, et Thomas Schütte dont la Große Geist No. 16 (2000), sculpture monumentale en fonte d’aluminium, s’est envolée à 4,1 millions de dollars. Également, une photographie couleur Untitled #153 (1985) de Cindy Sherman s’est vendue 2,7 millions de dollars – cinq autres tirages sont conservés dans des grands musées internationaux. Des œuvres de Lee Lozano, Robert Morris, Rudolf Stingel et Daniel Buren ont aussi atteint des records. Seule ombre au tableau de Ségalot qui aurait souhaité faire carton plein, trois lots n’ont pas trouvé preneur : Mechanical Pig (2005) de Paul McCarthy ; Prison (Venus) (2001), toile de Jeff Koons, et une grande œuvre de Steven Parrino. « Les ventes aux enchères ne sont pas une science exacte », a admis l’intéressé.
Après ce triomphe, la question de la succession de Ségalot pour la prochaine « Carte blanche » est posée. Si la maison de ventes reste muette à ce sujet, des noms circulent, celui de Sam Keller, ancien directeur d’Art Basel aujourd’hui à la tête de la Fondation Beyeler, ou de Peter Brant, collectionneur américain possédant sa propre fondation. Philippe Ségalot a placé la barre haut. Cette vacation exceptionnelle a été suivie, en seconde partie de soirée, de la traditionnelle vente d’art contemporain de Phillips de Pury, laquelle, malgré l’euphorie ambiante, n’a totalisé que 19,9 millions de dollars, un résultat en dessous de l’estimation basse des 23 millions. 

CARTE BLANCHE – PH. SÉGALOT, 8 NOVEMBRE

-Estimation : 79 à 106 millions de dollars
-Résultats : 117 millions de dollars
-Nombre de lots vendus/invendus : 30/3
-Pourcentage de lots vendus : 91 %
-Pourcentage en valeur : 95 %

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°335 du 19 novembre 2010, avec le titre suivant : American dream

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