Mercredi 17 octobre 2018

Agnew’s n’aura plus de vitrine sur Bond Street

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 18 avril 1997 - 301 mots

Agnew’s, l’une des plus célèbres galeries de Londres, est la dernière en date parmi les grands marchands londoniens à restreindre ses locaux sur Bond Street. Après plus de cent ans de présence, la disparition de sa vitrine d’ici l’année prochaine marquera la fin d’une époque.

LONDRES. "43 Old Bond Street" a été une adresse prestigieuse pour les ventes d’œuvres de Raphaël, Mantegna, Rubens, Canaletto et des impressionnistes, à l’intention de générations de collectionneurs américains et de directeurs de musées, tandis que les visiteurs affluaient aux expositions. Beaucoup de grands marchands se sont lourdement endettés en raison de la récession du marché de l’art en 1993, lorsque la valeur de leur stock a chuté de plus de 40 %. En 1994, Agnew’s a contrac­té des dettes bancaires de 15 millions de livres. Selon Christopher Kingzett, chez Agnew’s, "les temps ont changé et nous n’avons plus besoin d’autant d’espace. De grandes boutiques de mode pourraient réaliser un chiffre d’affaires consi­dérable avec une telle vitrine sur Old Bond Street, ce qui n’est plus le cas pour les marchands. Nous effectuons maintenant une grande partie de nos affaires à l’étranger ou à l’occasion de foires comme celle de Maastricht. Il nous paraît donc naturel d’utiliser l’énorme potentiel commercial de ces locaux, dont nous sommes propriétaires". Agnew’s a créé une nouvelle société, Agnew’s Property Invest­ment Ltd., en partenariat avec la compagnie britannique de développement immobilier Bench­mark, dont 35 % sont détenus par Hong Leon Corporation, un groupe malaysien aux intérêts diversifiés, dont le capital est de 3,5 milliards de livres. Cette association montre une volonté d’engagement de l’Asie du Sud-Est sur le marché immobilier londonien. Agnew’s conservera certainement une entrée sur Bond Street, avec un accès au premier étage à sa fameuse "Top Gallery", à éclairage zénithal naturel, l’une des plus remarquables galeries privées de Londres.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°36 du 18 avril 1997, avec le titre suivant : Agnew’s n’aura plus de vitrine sur Bond Street

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